147 femmes ont été mises à l'abri pour "risque élevé" de féminicide l'an dernier

Dans son bilan rendu public mercredi, la Fédération nationale solidarité femmes rapporte que 22% d'entres elles affirment avoir subi des tentatives de meurtre.

Des militantes féministes effectuent un \"die-in\", le 19 octobre 2019, sur la place de la République à Paris, pour sensibiliser le grand public à la question des féminicides.
Des militantes féministes effectuent un "die-in", le 19 octobre 2019, sur la place de la République à Paris, pour sensibiliser le grand public à la question des féminicides. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

Cent quarante-sept femmes victimes de violences ont été "mises à l'abri" l'an dernier dans un hébergement d'urgence, car elles présentaient un très grave danger d'être tuées par leur conjoint. Ce chiffre a été donné par la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF), mercredi 13 novembre. 

Ces dernières ont été "éloignées géographiquement" et relogées dans un autre département en compagnie de 236 enfants. Elles représentent les cas les plus graves et les plus urgents pris en charge par la FNSF, qui gère le numéro d'appel 3919. 

22% affirment avoir subi des tentatives de meurtre

Sur les 147 femmes considérées comme présentant un "risque élevé" d'être tuées, près de 80% avaient été menacées de mort. Et 94% avaient déclaré des "violences physiques graves", dont 22% des tentatives de meurtre, toujours selon le bilan de la FNSF. Dans 20% des cas, les agresseurs avaient déjà été condamnés pour violences conjugales. "La plupart d'entre eux ne respectent pas les mesures d'éloignement ou les interdictions de contact", indique la fédération. 

"Chaque année, nous hébergeons environ 5 000 femmes et enfants dans notre réseau, mais toutes ne courent pas un risque élevé d'être tuées, heureusement", a précisé à l'AFP Françoise Brié, la directrice générale de la FNSF. Dans tous les cas de violences, il faut proposer une aide pour que "les situations de grave danger n'arrivent pas", souligne-t-elle. 

Les conclusions du Grenelle attendues le 25 novembre

Dans les cas les plus inquiétants, "on a des protocoles de gestion des risques, on ne donne pas les adresses où les femmes sont hébergées, et elles doivent changer de téléphone, au cas où l'homme aurait mis un logiciel espion sur leur téléphone".

Le gouvernement doit présenter le 25 novembre les conclusions très attendues du Grenelle qu'il a lancé début septembre pour lutter contre les violences conjugales et les féminicides. En 2018, 121 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur.