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"C'est bon pour donner une bonne image de la communauté" : des fidèles musulmans satisfaits après les annonces sur la formation des imams

Le chef de l'État a annoncé la fin du système de formation des imams à l'étranger et a demandé au Conseil français du culte musulman, d'ici "six mois au plus tard", de labelliser des formations d'imams en France.

Article rédigé par France Info, Jérôme Jadot
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Des fidèles musulmans en train de prier à Bordeaux (illustration).  (LAURENT THEILLET / MAXPPP)

C'est un des volets de la lutte contre ce qu'Emmanuel Macron appelle le "séparatisme islamiste"Le chef de l'État a dit vendredi 2 octobre vouloir "libérer l'Islam de France des influences étrangères"Le Conseil français du culte musulman va devoir finaliser d'ici six mois un travail de "labellisation" des formations des imams en France. Ils pourront être "révoqués" s'ils ne respectent pas une "charte" qui doit elle aussi être créée, a expliqué le président de la République. Un encadrement accru plutôt bien accueilli à la salle de prière Javel, dans le 15e arrondissement de Paris.

Un bon moyen pour structurer l'Islam

Parmi la cinquantaine de fidèles rassemblés, la plupart sont ouverts à la création d'un label pour les formations d'imam, et à la création d'une charte. "Si cela peut apporter un peu de clarté à la communauté je n'y vois aucun mal", assure Boubakar. Même sentiment pour Hassan, qui a conduit la prière en l'absence de l'imam. Pour ce quinquagénaire qui a étudié la religion au Maroc, il faut ancrer l'islam dans le cadre républicain. "N'importe qui ne peut pas être imam, il faut faire des études. Ce label, c'est bon pour structurer la religion et pour donner une bonne image de la communauté musulmane."

C'est important que les musulmans français respectent la loi de la République.

Hassan, fidèle musulman

à franceinfo

Mais certains s'interrogent tout de même sur le coût de la formation des imams. Ici, tout est payé par les dons des fidèles. Autre inquiétude : un risque d'institutionnalisation de l'Islam, avec un rôle accru pour le le Conseil français du culte musulman. "Si le CFCM choisit qui a le droit d'officier, sur quels critères vont-ils se baser ?, s'interroge Sambala. Aujourd'hui, dans l'Islam, celui qui officie est celui qui connaît le mieux la religion. Et si deux personnes sont égales dans les connaissances, là on regarde qui est le plus âgé. C'est déjà défini tout ça." 

Mieux contrôler le financement des mosquées

Certains fidèles sont aussi réticents à l'égard de "l'incitation" évoquée par Emmanuel Macron à un changement de régime des associations cultuelles musulmanes, passant de la loi de 1901 à celle de 1905 afin de faciliter les contrôles sur le financement.

Un mauvais combat selon Najat, la secrétaire générale de l'association qui gère cette salle de prière : "Je n'ai pas de problème à montrer nos recettes et dépenses, mais il y a une chose que le gouvernement doit s'ancrer dans le cerveau : il n'y a pas de terrorisme dans les mosquées qui ont pignon sur rue. Venir embêter une énième fois les mosquées c'est usant. Qu'ils fassent leur job dans les quartiers défavorisés, apportent de l'emploi et fassent en sorte que les gens sortent de la misère ! Le terrorisme, il grandit sur le terreau fertile de ces problèmes économiques." Autre souhait exprimé par Najat : que ces réformes autour de l'imamat se fassent en lien le plus étroit possible avec les acteurs de terrain.

La formation des imams : écoutez le reportage de Jérôme Jadot

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