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Qui sont les dernières grandes figures de la Résistance française ?

Jean-Louis Crémieux-Brilhac, 95 ans, ancien responsable de la diffusion clandestine vers la France depuis Londres, explique qui sont les derniers grands acteurs de cette période clé de l'histoire de France.

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Lucie et Raymond Aubrac à l'Elysée, à Paris, pour une cérémonie de décorations, le 27 mars 2000.  (GEORGES GOBET / AFP)

Avec la mort de Raymond Aubrac, mardi 10 avril, la France a perdu l'une des plus grandes figures de la Résistance. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, 95 ans, ancien responsable de la diffusion clandestine vers la France depuis Londres, fait partie des derniers cadres de la Résistance encore en vie. "Nous sommes des survivants", dit-il. Il a, depuis, consacré de nombreux livres à ce sujet.

"Le décès de Raymond Aubrac me cause une grande peine, regrette Jean-Louis Crémieux-Brilhac. C'était un ami de près de soixante-dix ans et je le vois toujours arriver à Londres, depuis la France occupée, en février 1944 avec Lucie, enceinte, qui allait accoucher quelques jours plus tard". Devenu historien de la seconde guerre mondiale, il explique qui sont les derniers cadres et grands témoins de la Résistance encore en vie.

Il ne reste qu'un seul membre du CNR en vie

Parmi les survivants, Jean-Louis Crémieux-Brilhac cite Yves Guéna, 89 ans, rallié à la France Libre dès le 20 juin 1940, blessé en Normandie dans les rangs de la 2e DB et ancien président du Conseil constitutionnel. Jean-Louis Crémieux-Brilhac évoque également Stéphane Hessel, 94 ans, ancien du Bureau central de renseignement et d'action (BCRA, services secrets de la France Libre), diplomate et auteur de l'essai Indignez-vous !, vendu à plus de 4,5 millions d'exemplaires dans 35 pays depuis sa sortie en 2010.

Il n'oublie pas Daniel Cordier, 91 ans, également ex-membre du BCRA, secrétaire de Jean Moulin pendant les onze mois précédant son arrestation, et auteur d'une biographie monumentale sur le premier président du Conseil national de la Résistance (CNR). Le dernier survivant du CNR, Robert Chambeiron, qui en fut le secrétaire général adjoint, a 97 ans. 

Jean-Louis Crémieux-Brilhac relève également le nom de François Jacob, 91 ans, ex-médecin de la 2e DB, prix Nobel de médecine et ancien chancelier de l'ordre de la Libération. Cet ordre prestigieux, crée en 1940 par le général de Gaulle, a compté 1 038 membres. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 28. Louis Cortot, 87 ans, en est le benjamin et Guy Charmot, 97 ans, le doyen.

Des témoignages de plus en plus précieux

Ces cinq dernières années, de grands noms de la Résistance se sont éteints. Ce fut le cas en 2007 de Lucie Aubrac, 96 ans, femme de Raymond Aubrac ; du général Alain Le Ray, premier chef militaire du Vercors (décédé à 96 ans) ; de Pierre Messmer, grande figure de la France Libre (91 ans) devenu Premier ministre de Georges Pompidou.

Germaine Tillion, cofondatrice du premier réseau de la Résistance, le réseau du Musée de l'Homme, est morte en 2008 à l'âge de 100 ans. Serge Ravanel, chef des Forces françaises de l'Intérieur de Toulouse et Compagnon de la Libération, est, lui, disparu en 2009, à 88 ans.

Tout comme Raymond Aubrac ou Stéphane Hessel, de grands résistants ont continué à prendre la parole régulièrement. En mars 2004, à l'occasion de la célébration du 60e anniversaire du programme du CNR, Lucie et Raymond Aubrac, Germaine Tillion, Stéphane Hessel, Daniel Cordier ou l'ancien dirigeant communiste Maurice Kriegel-Valrimont (mort en 2006) appelaient les jeunes générations à réagir devant la remise en cause du "socle des conquêtes sociales de la Libération". Ces témoignages de résistants se font de plus en plus précieux, au fil des années.

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