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"On ne peut pas choisir un jour d'être une femme et un autre jour d'être une noire". Amandine Gay s'attaque aux clichés

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Amandine Gay s’attaque à la représentation des femmes noires en France dans son documentaire "Ouvrir la voix". Elle évoque dans une interview pour Brut les racismes et les tabous autour cette identité complexe.

Amandine Gay s’est donné pour but dans Ouvrir la voix de "révéler la pluralité d’origines, de parcours, d’orientations sexuelles, de religions" pour éviter l’homogénéité dans la représentation des femmes noires, qui se limite selon la documentariste à "soit la banlieue, soit la migration".

Le tabou du mot "noir"

"Pourquoi est-ce qu’on passe au terme anglo-saxon alors qu’en français, déjà, on a une tendance à vouloir promouvoir la langue française, donc c’est étrange tout d’un coup de vouloir absolument employer un mot anglais", s’interroge Amandine Gay.

Et puis, si on appelle les blancs les "Whites", d’après l’auteure c’est tout de suite "bizarre". Elle déclare qu’utiliser le mot "Black" témoigne d’une "peur d’être raciste" du fait de l’histoire qui consiste "à classer, à dominer, à hiérarchiser".

Reconnaître la différence serait donc un moyen de combattre la gène autour du racisme.

Quand le racisme informe le sexisme

Son identité de femme noire est "multiple", "complexe" et doit être considérée comme telle pour la documentariste. Elle évoque une "interdépendance entre différents types de discriminations." "On ne peut pas choisir un jour d’être une femme et un autre jour d’être une noire", déclare-t-elle.

Le but pour les femmes noires est donc de leur "redonner cette individualité", car pour Amandine Gay, "une des conséquences du racisme c’est d’effacer l’humanité et l’individualité des personnes qui n’appartiennent pas au groupe majoritaire".

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