Le débat sur l'enfouissement des déchets nucléaires tourne court à Bure

Le premier débat public sur le centre d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure, dans la Meuse, a été interrompu jeudi soir à peine un quart d'heure après son lancement, largement perturbé par des dizaines d'opposants au projet. Le Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) doit servir à confiner pour une très longue durée quelque 100.000 m3 de déchets nucléaires à haute et moyenne activité.

(Maxppp)

Ils ne veulent pas du projet, et pas du débat public non plus. Les opposants au Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) qui doit voir le jour à Bure, dans la Meuse, ont perturbé jeudi soir le premier débat public sur la question. A peine un quart d'heure après son lancement, la réunion a été annulée.

Environ 200 personnes étaient rassemblées dans la salle, dont la moitié scandait "Bure on n'en veut  pas, halte au faux débat ". "Débat bidon, il faut un référendum, vos déchets nucléaires vous n'aurez qu'à les mettre sous la Tour Eiffel ", criaient notamment des militants et des élus locaux communistes. Certains dénoncent un projet de l'Etat imposé à coup de millions d'euros aux communes locales. Les équipes de l'Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) et de la Commission nationale du débat public ont quitté la salle sous les huées.

Enfouir 100.000 m3 de déchets nucléaires 

Certains des opposants ont aussi l'impression d'avoir été trompés par le précédent débat public en 2005. Malgré leur opposition, les députés avaient tout de même voté en 2006 une loi pour valider l'enfouissement géologique profond en Meuse et Haute-Marne. Les opposants ont promis de faire les mêmes esclandres à toutes les prochaines réunions publiques. Ils dénoncent "une gigantesque  poubelle atomique de 300 ha en surface et 15 km2 de galeries souterraines ".

Le Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) doit servir à enfouir pour une très longue durée quelque 100.000 m3 de déchets nucléaires à haute et moyenne activité. Un laboratoire souterrain situé à Bure existe déjà et préfigure ce que pourrait être le Cigéo. Le projet est entré en phase de conception industrielle, mais il reste plusieurs étapes décisives avant sa mise en service, prévue en 2025, s'il est autorisé par l'Autorité de sûreté nucléaire.