Le premier bus de réfugiés syriens et irakiens arrive en France

Le premier bus de réfugiés syriens et irakiens est arrivé ce mercredi matin à Champagne-sur-Seine, en Seine-et-Marne. Partis de Munich hier soir, ils ont parcouru 850 km pour arriver en France. Un moment d'intense émotion, tant pour les nouveaux arrivants que pour ceux qui les ont accueilli à la descente du bus.

(Les premiers réfugiés ont été accueillis par le préfet de Seine-et-Marne à leur descente de bus. © Gaele Joly)

Moment très émouvant que l'arrivée de ce premier bus sur un parking de Champagne-sur-Seine. C'est le préfet de Seine-et-Marne, Jean-Luc Marx, qui les a accueillis aux mots de "Bienvenue en France, on va vous accompagner". Chacun a pu découvrir des visages très fatigués après 12 heures de routes et surtout après un très long périple. Ils ont traversé la Méditerranée, marché pendant des semaines avant d'arriver à Munich. Mais il y avait aussi des visages souriants, soulagés comme celui d'Oussama. Cet ingénieur de 28 ans a fui Bagdad et il est maintenant plein d'espoir pour sa nouvelle vie : "Je suis heureux d'être ici. D'abord je voudrais apprendre le français, c'est mon objectif. Après, je continuerai ma vie. Je vais apprendre à vivre avec les gens d'ici. Puis je vais continuer mes études pour finir mon master et devenir docteur ". 

Les premiers réfugiés arrivent en France. Le reportage de Gaele Joly
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"Je suis très heureuse. J'espère que ma vie sera belle "

Avec ses longs cheveux noirs, Darlid a elle aussi fui l'Irak. A 38 ans, elle est prête à recommencer une nouvelle vie en France : "Je suis très heureuse. Moi et ma soeur. J'espère que ma vie sera belle. Je suis chimiste et peut-être qu'on étudiera ici, avec ma soeur ". Les 45 réfugiés ont ensuite pu prendre un petit déjeuner, pris en charge par la Croix-rouge : du café chaud, des madeleines, des gâteaux secs. Ils ont ensuite découvert leur nouvelle maison, dans une résidence universitaire qui était en partie inoccupée. Des petites chambres équipées de kitchenettes, dans lesquelles on a ajouté des lits pour bébés.

Villes hôtes

Ces réfugiés ne devraient pas rester à Champagne-sur-Seine plus de deux mois. Le temps de régler leurs situations administratives, de se reposer, de retrouver des repères. Ensuite, ils seront répartis dans plusieurs villes de France : Paris, Bordeaux, Poitiers, Besançon, Avignon, Lille ou Strasbourg. Des villes qui se sont portées volontaires pour les accueillir.

(Des tentes de la Croix-rouge attendent les migrants avec de quoi les restaurer. © Gaele Joly)

 

La ville de Cergy-Pontoise, dans le Val-dOise, va accueillir 45 réfugiés. Le maire, Jean-Paul Jeandon
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"Nous ne laisserons pas nos concitoyens

En attendant, ce sont des habitants de Champagne-sur-Seine qui sont venus les accueillir. Ils leur ont offert leur aide : de la nourriture, des habits. Mais cette solidarité n'empêche pas l'inquiétude. Un des habitants se demandait ce matin pourquoi les autorités s'occupent-elles des réfugiés et pas de ceux qui souffrent en France. D'autres se demandent si ces réfugiés ne vont pas causer des troubles dans le quartier.

A l'inverse, certaines villes refusent d'accueillir des migrants. Reportage dans la banlieue lyonnaise de Faouzi Tritah
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Jean-Jacques Eledjam, le président de la Croix-rouge demande aux Français de faire une place à ces réfugiés : "La générosité des Français est connue. C'est peut-être pour ça que les sondages ne sont pas tout à fait favorables, parce que depuis toujours, les Français accueillent. Ils reçoivent, donnent. Cette générosité fait partie de notre culture. Et aujourd'hui, certains ont l'impression qu'on leur demande plus que ce qu'ils ne sont capables de faire. Vous savez, les réfugiés sont une exacerbation de la précarité. Cette précarité existe sur le territoire. Et je veux faire passer un message : nous nous occupons de cette précarité. Nous ne laisserons pas nos concitoyens sous prétexte d'un élément qui vient se surajouter, pour lequel il y a une médiatisation plus importante que la précarité au quotidien ". On attend d'ici vendredi 1.000 réfugiés qui doivent arriver de Munich en région parisienne.