Le ministre de l'Education a réuni mardi les recteurs pour améliorer le système de remplacement des enseignants absents

Luc Chatel va mettre en place trois mesures pour la rentrée 2010, parmi lesquelles le recours à des étudiants ou de jeunes retraités de l'Education."C'est totalement du bricolage", a dénoncé Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU tandis que PC et syndicats lycéens s'insurgent.

Luc Chatel, ministre de l\'Education nationale
Luc Chatel, ministre de l'Education nationale (France 3)

Luc Chatel va mettre en place trois mesures pour la rentrée 2010, parmi lesquelles le recours à des étudiants ou de jeunes retraités de l'Education.

"C'est totalement du bricolage", a dénoncé Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU tandis que PC et syndicats lycéens s'insurgent.

Le ministre de l'Education s'est exprimé en marge d'une conférence de presse sur le lancement d'une exposition destinée aux écoles, collèges et lycées sur le thème, "L'eau, une ressource vitale". Luc Chatel a confirmé les trois "pistes" qu'il avait déjà évoquées le 20 janvier. Il entend s'attaquer essentiellement aux "absences de courte durée".

Il veut que chaque académie se dote, en plus des remplaçants titulaires, d'"un vivier de remplaçants qui pourra être composé soit de jeunes retraités de l'Education ou d'étudiants en cours de formation ou juste diplômés qui pourront subvenir à des besoins urgents".

M.Chatel va aussi "assouplir le dispositif" avec "la possibilité de faire appel à des remplacements interacadémiques". Un professeur de mathématiques de l'académie de Créteil, par exemple, pourra aller faire des remplacements dans l'académie de Paris.

Enfin, Luc Chatel veut donner "plus de réactivité" au système avec un responsable remplacement dans chaque académie et chaque établissement", de sorte que "dès le premier jour" d'absence de l'enseignant, il puisse être remplacé. "Toutes ces mesures seront mises en oeuvre à la rentrée 2010", a précisé le ministre aux recteurs d'académie.

Estimant que 50.000 des 857.000 professeurs sont des remplaçants titulaires et que 10% d'entre eux dans le primaire et 20% dans le secondaire ne sont pas assez utilisés, le ministre préconise de pouvoir affecter ces remplaçants dans d'autres académies que celle à laquelle ils sont en théorie rattachés.

Des parents montent au créneau
Cinquante recours contre le ministre de l'Education nationale Luc Chatel ont été envoyés mardi par des parents d'élèves de cinq écoles de Pantin (Seine-Saint-Denis) pour protester contre les non-remplacements d'enseignants, selon un porte-parole des parents d'élèves.

Ces parents demandent "une réparation symbolique d'un euro par jour" d'école non-remplacé, a déclaré Daniel Garault, délégué FCPE élu des parents d'élèves, père d'une élève en CE1 à l'école Joliot-Curie. Il avait déjà déposé une plainte contre Luc Chatel mi-février, mais il avait été débouté pour vice de forme.

"Nous demandons un enseignant devant chaque élève et que tout le monde soit traité de la même façon sur le territoire", a expliqué le parent d'élève, assurant que "certains enfants (avaient) manqué jusqu'à un mois de scolarité depuis le début de l'année" dans des villes de la Seine-Saint-Denis comme Pantin, Saint-Ouen, Gagny et Montreuil.

"Nous demandons qu'il y ait deux enseignants par classe jusqu'à la fin de l'année pour essayer de combler le retard dans les écoles qui sont dans une situation dramatique", a-t-il poursuivi. Pour Daniel Garault, "des étudiants, des stagiaires ne peuvent pas faire face aux problèmes rencontrés" mais "des enseignants à la retraite peuvent peut-être aider".

La FCPE, première fédération de parents d'élèves de l'enseignement public, va encourager les parents à engager de tels recours, notamment lors d'un rassemblement à Bobigny mercredi soir.

Interrogé sur ces recours, Luc Chatel a répondu: "Je n'ai pas à commenter des recours, chaque citoyen est libre d'exercer tel ou tel recours s'il le souhaite. Mon devoir est qu'il y ait une continuité du service public".