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Siège de la Défense : Bouygues nie tout délit

 Bouygues Construction dit n'être pas concerné par l'enquête ouverte sur d'éventuels faits de corruption et trafic d'influence en marge de l'attribution du chantier du futur "Pentagone français". Le Parti socialiste dénonce un projet opaque.

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Le chantier du futur ministère de la Défense, dans le quartier de Balard à Paris, le 7 décembre 2011. (MARTIN BUREAU / AFP)

Y a-t-il eu des malversations lors de l'attribution à Bouygues du chantier du "Pentagone à la française" ? Depuis février, la justice enquête sur la désignation du géant du BTP pour ce projet de 3,5 milliards d'euros, qui concerne la construction du nouveau siège du ministère de la Défense à Paris. L'ouverture d'une information judiciaire pour "corruption" et "trafic d'influence", une information révelée par Le Canard enchaîné dans son édition du mercredi 7 décembre, a été confirmée.

Bouygues Construction a répondu à ces accusations mercredi, dans la soirée. Le groupe de BTP dit n'être pas concerné par l'enquête. "Aucun fait délictueux n’a marqué le déroulement de cette consultation qui a été conduite avec beaucoup de rigueur", a-t-il indiqué dans un bref communiqué. Aucune mesure d’enquête ou d’instruction n’a été diligentée à son encontre, aucun de ses collaborateurs n’a fait l’objet d’une convocation, audition ou notification, précise encore le groupe.

Bouygues aurait eu accès au cahier des charges avant les autres

Mais d'après Le Canard enchaîné, les premiers éléments recueillis par les enquêteurs indiquent que Bouygues aurait eu accès avant ses concurrents au cahier des charges du projet. La consultation de ce document, qui rassemble les besoins et les exigences du ministère pour le chantier, aurait donné à l'entreprise un avantage appréciable sur ses concurrents, les groupes Vinci et Eiffage. 

Un haut responsable du ministère est suspecté d'être à l'origine de cette fuite. "Nous ne savons pas encore s'il s'agit d'une maladresse, d'une erreur, ou s'il y a eu une contrepartie judiciaire", a confié une source judiciaire au Canard enchaîné. 

Le ministre serein

Interrogé en marge d'une convention UMP, le ministre de la Défense Gérard Longuet s'est dit serein, mardi soir : "'Le Canard enchaîné' m'a instruit de ce qu'un juge instruisait. (...) Je pense que le ministère est d'une sérénité totale" et qu'il est "au service de la justice".

Un projet opaque pour les socialistes

"Sur le plan juridique, nous n'avons cessé de dénoncer l'inquiétante opacité qui régnait autour de ce projet et notamment autour des conditions d'attribution de l'appel d'offres", ont affirmé mercredi soir Bernard Cazeneuve, porte-parole du candidat socialiste François Hollande, et Jean-Yves Le Drian, chargé de la Défense dans son équipe de campagne.

"Sachant que le dossier de Bouygues n'est pas conforme au plan local d'urbanisme de la Ville de Paris, comment ne pas s'étonner que l'Etat ait retenu ce projet, alors que d'autres offres respectaient cette clause ?", s'interrogent-ils. Ils exigent aussi "la plus grande transparence de la part de l'Etat" sur l'affaire qui entoure ce bâtiment, qui "coûtera à l'Etat la bagatelle de 4,2 milliards d'euros". Ils souhaitent "vivement que le juge désigné aura les moyens de réaliser sa mission sans entrave".

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