Trois mois de prison avec sursis requis contre Eric Raoult

Le maire UMP du Raincy est jugé pour violences conjugales sur sa femme, qu'il conteste catégoriquement.

Eric Raoult, alors député UMP de Seine-Saint-Denis, siège à l\'Assemblée nationale, le 22 décembre 2011.
Eric Raoult, alors député UMP de Seine-Saint-Denis, siège à l'Assemblée nationale, le 22 décembre 2011. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

"Oui, il y a eu des insultes. Mais je ne l'ai pas frappée." Devant le tribunal correctionnel de Bobigny, jeudi 7 février, le maire UMP du Raincy (Seine-Saint-Denis), Eric Raoult, a catégoriquement nié être l'auteur de violences conjugales. Il n'empêche : le procureur a requis trois mois de prison contre l'ancien ministre de la Ville, accusé d'avoir giflé, bousculé et insulté à plusieurs reprises son épouse entre décembre 2011 et octobre 2012. 

L'élu de 57 ans a évoqué des "disputes" liées à l'attitude de sa femme, dont il est aujourd'hui séparé. "Parfois, elle était habillée d'une manière très provocatrice. Quand un jeune vient vous dire 'putain, elle est bonne, ta femme', ça surprend", a raconté Eric Raoult pour expliquer l'origine des frictions avec son épouse. Invitée à prendre la parole, cette dernière a minimisé les accusations portées à l'encontre de son mari, ce qui n'a pas manqué de surprendre le tribunal.

"Nous avons perdu notre sang-froid", a-t-elle simplement expliqué à propos de l'une des scènes de violence reprochées à son mari. "Il y a un décalage entre votre plainte et ce que vous dites aujourd'hui. Vous a-t-il donné des gifles, oui ou non ?" l'a alors interrogé le président du tribunal. "Je ne me rappelle plus, très sincèrement", a répondu Corinne Raoult, qui a décidé de ne pas se constituer partie civile contre son mari.

Une peine à "valeur d'avertissement"

Le procureur a pris acte de ce changement de position, mais a néanmoins réclamé une peine à "valeur d'avertissement" contre l'ex-député. "Les violences conjugales sont un fléau suffisamment grave pour que chaque plainte donne lieu à une enquête sérieuse. C'est ce qui a été fait dans ce dossier", a-t-il affirmé, liant la "banalisation des faits" par la victime à un sentiment de "culpabilité".

"Il n'y a rien dans ce dossier (...), la justice s'est emballée", a estimé pour sa part l'avocate de l'élu. Elle a regretté que cette affaire ait été "exposée sur la place publique", au détriment de la "santé" de son client. Eric Raoult a en effet été hospitalisé plusieurs jours au début de l'été, après un accident vasculaire cérébral.