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Soupçonné d'avoir fait le jihad en Syrie, il porte plainte à Paris pour séquestration

Ecroué France pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme, le jeune homme affirme avoir été torturé dans la région d'Alep (Syrie) parce qu'il refusait de s'entraîner avec des groupes armés.

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France Télévisions
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Des soldats de l'armée syrienne patrouillent à Alep (Syrie), le 19 octobre 2014. (GEORGE OURFALIAN / REUTERS)

Sa version est-elle crédible ? Un homme de 25 ans, soupçonné d'avoir effectué le jihad en Syrie, a déposé plainte à Paris pour enlèvement, séquestration accompagnée de violences et traitements inhumains et dégradants. Il affirme avoir, en fait, été séquestré et torturé dans la région d'Alep (Syrie) parce qu'il refusait de s'entraîner avec des groupes armés, selon son avocat, qui s'est exprimé lundi 20 octobre. C'est l'un des sept hommes interpellés le 13 mai dans une cité HLM de la Meinau, à Strasbourg (Bas-Rhin), puis mis en examen pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme" par une juge parisienne et écroués.

Les enquêteurs les soupçonnent d'être partis en Syrie, via Francfort (Allemagne), par petits groupes pour ne pas attirer l'attention avant de rejoindre, à la fin 2013, le groupe Etat islamique. L'homme qui a porté plainte soutient être parti en Syrie le 13 décembre pour "aider les populations civiles" avec, en poche, le billet de son retour programmé une semaine plus tard. Il n'est finalement rentré en France que le 27 février, après avoir, selon lui, fui le pays par ses propres moyens.

Victime d'un syndrome de stress post-traumatique

Il affirme avoir été pris en charge à son arrivée en Syrie par des hommes armés et cagoulés, qui lui ont confisqué ses papiers, avant de le séquestrer avec d'autres Français dans la région d'Alep. Là, il aurait subi des sévices, car il refusait de participer aux entraînements organisés par les milices armées. 

"Les Français qui partent là-bas peuvent être piégés, manipulés et contraints, a déclaré son avocat, Me Eric Plouvier. Il faut qu'ils puissent bénéficier, à leur retour en France, de la protection juridique à laquelle ils ont droit, dans le cadre d'une dénonciation d'infractions dont ils ont été victimes"Toujours incarcéré, le plaignant affirme être suivi par un psychologue pour un syndrome de stress post-traumatique. "Il n'est absolument pas dans la radicalité religieuse", soutient Me Plouvier, qui juge en revanche "dangereux" de le maintenir en détention.

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