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Procès Pistorius : "des cris à glacer le sang", selon un témoin

Non coupable, a plaidé l'ancien champion paralympique à l'ouverture de son procès, pour l'assassinat de sa compagne. La première journée des débats a permis d'entendre le témoignage accablant d'une voisine, qui accrédite la thèse du meurtre avec préméditation, et non du tir sur un cambrioleur.
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Que s'est-il passé, cette nuit de février 2013 au cours de laquelle Reeva Steenkamp a trouvé la mort ? Oscar Pistorius a-t-il tué sa compagne en connaissance de cause, ou l'a-t-il confondue avec un cambrioleur ? Lui n'a pas changé de ligne - il s'en tient à le seconde solution. Le procureur de Pretoria, où le procès s'est ouvert ce lundi, estime qu'il a "tué illégalement et intentionnellement" sa compagne.

Un procès suivi de près par tout le pays, et au-delà : des centaines de journalistes, sud-africains et étrangers, sont présents à Prétoria ; les audiences sont en grande partie retransmises en direct à la télévision...

Témoignage accablant

Première des 107 témoins qui seront appelés à la barre tout au long de ces presque trois semaines de procès (jusqu'au 20 mars), une voisine, Michelle Burger, universitaire, dont la chambre à coucher se trouvait à 177 mètres précisément de chez Pistorius. Ce qu'elle a raconté au juge aujourd'hui est accablant.

"Juste après 3 heures (du matin), j'ai été réveillée par de terribles cris d'une femme. (...) Elle appelait au secours. J'ai entendu de nouveau des cris. C'était pire qu'avant. Elle était très effrayée. (...) J'ai su que quelque chose de terrible allait arriver."  Et Michelle Burger de raconter ensuite avoir entendu les quatre coups de feu - tirés par Pistorius à travers la porte fermée des toilettes. "Il y a eu une pause plus longue entre le premier et le deuxième, qu'entre le deuxième et les troisième et quatrième" .

L'avocat de la défense a vivement mis son témoignage en doute, se demandant pourquoi elle était si certaine d'avoir entendu quatre coups de feu, alors que son mari en aurait, lui, entendu quatre, cinq ou peut-être six. Il doit être entendu ultérieurement.

Michelle Burger ne s'est pas démontée. "Les événements de cette soirée ont été extrêmement traumatisants pour moi. La peur dans la voix de cette femme est difficile à décrire à la cour. (...) J'ai entendu la terreur dans la voix de cette femme".  Des "cris à glacer le sang""J'étais persuadée qu'il y avait une attaque dans la maison par des cambrioleurs, il n'y avait pas de doute dans mon esprit à cause de la peur dans cette voix de femme (...) ces cris, ces hurlements, étaient pétrifiants, avant les tirs."

De quoi, effectivement, démonter la thèse de la défense, qui affirme que Pistorius a ouvert le feu, sans sommation, à travers la porte, croyant avoir affaire à un cambrioleur. Le procès reprend mardi matin.

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