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Meurtre et viol d'Océane : perpétuité incompressible pour Nicolas Blondiau

Nicolas Blondiau a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de 30 ans pour le viol et le meurtre de l'enfant de 8 ans. 

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Le véhicule transportant Nicolas Blondiau arrive au tribunal de Nîmes, le 16 décembre 2013. (PASCAL GUYOT / AFP)

L'affaire remonte à novembre 2011. Nicolas Blondiau, 27 ans, a été condamné, mardi 17 décembre, par la cour d'assises du Gard à la réclusion criminelle à perpétuité pour le viol et le meurtre d'Océane, 8 ans. Cette peine de prison a été assortie d'une peine de 30 ans incompressible. La cour a également prononcé l'interdiction des droits civiques et de famille pour une durée de dix ans. 

Nicolas Blondiau était jugé pour le meurtre d'Océane, à Bellegarde, un village situé entre Arles et Nîmes. Le 5 novembre 2011, l'enfant était partie chez un ami de la famille récupérer un jeu vidéo, à 150 m de son domicile. Le corps de l'enfant avait été retrouvé le lendemain, sur un chemin, à 3 km du centre du village.

Une fin de procès tendue

Dans une ambiance électrique, Nicolas Blondiau, debout, ne s'est guère livré sur les circonstances de la mort d'Océane. "Oui", "non", au mieux de temps à autre une phrase, ses réponses sont restées évasives, mardi. "J'étais mal dans ma tête", s'est-il excusé, avant d'admettre : "J'ai été pris d'une pulsion meurtrière. Je ne sais pas ce qui m'a pris".

"Vous dites ce qui vous arrange. Vous n'assumez pas. C'est grave", a déploré Mme Perrin. "Vous n'avez pas daigné apporter la moindre explication aux parents qui tentent depuis de se lever, de marcher, de vivre", lui a déclaré l'avocate du couple, Me Béatrice Lobier-Tupin.

Des aveux en demi-teinte

Si lundi, Nicolas Blondiau a avoué le viol, il a tenté mardi de revenir sur ses déclarations. Une dénégation en trop pour les parents, qui ont dû être évacués. "Assume, loque que tu es ! ", a hurlé le père. Un des avocats de l'accusé a alors demandé une suspension de séance. A la reprise, son client est revenu sur ses propos et a admis la pénétration digitale.

"Il tue Océane pour l'empêcher de parler", a affirmé l'avocat général Michel Desplan, soulignant un comportement qui "confine à l'ignoble" lorsque l'accusé se réjouit du placement en garde à vue d'un innocent. Le magistrat a aussi fustigé le "baiser de Judas" lorsque Nicolas Blondiau est allé voir le père d'Océane en lui assurant qu'il allait "retrouver le meurtrier" de sa fille. 

Une peine très lourde qui divise

La condamnation à la perpétuité assortie d'une peine de 30 ans incompressible, conforme aux réquisitions, a été accueillie par un tonnerre d'applaudissements dans la salle. Une telle peine, appelée aussi perpétuité incompressible ou perpétuité réelle, a été prononcée trois fois en France, dont une à l'encontre de Michel Fourniret. Elle signifie que Nicolas Blondiau, père de trois enfants, ne pourra sortir de prison qu'après une période incompressible de trente ans et avec l'accord d'un collège de trois experts de la Cour de Cassation.

"Je n'ai trouvé aucune circonstance atténuante dans ce dossier. Je requiers le prix du sang versé, le prix de l'innocence volée et violée d'Océane", a fait valoir l'avocat général Michel Desplan dans son réquisitoire. Le magistrat a justifié cette peine, la plus lourde du code pénal français, par le fait que l'accusé "la mérite" et par la nécessité pour la société "de se protéger pour qu'il n'y ait pas d'autres Océane" car "il y a un fort risque de récidive"

De son côté, la défense a annoncé qu'elle interjetait appel. Pour l'avocate de Nicolas Blondiau, celui-ci "a besoin d'avoir une sanction en adhésion avec ce qu'il a fait, avec qui il est. Pas une peine d'élimination". L'accusé n'est ni Fourniret ni Dutroux, a ajouté un autre défenseur de l'accusé, Jean-Pierre Cabanes, qui s'est élevé contre "la peine des morts-vivants".

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