Contrôles au faciès : l'Etat poursuivi en justice pour la première fois

Treize personnes, âgées de 18 et 35 ans et ayant subi des contrôles d'identité au faciès, ont saisi la justice. Ce mercredi, elles attaquent l'Etat et le ministère de l'Intérieur devant le tribunal de Paris.

(Maxppp)

Elles estiment qu'elles ont
été visées par la police non pas à cause de ce qu'elles avaient fait, mais parce qu'elles
étaient "noires " ou "arabes ". Ce mercredi, une audience
exceptionnelle contre l'Etat français s'ouvre au tribunal de Paris. Treize
personnes, victimes de contrôles de police au faciès, selon elles, attaquent l'Etat
et le ministère de l'Intérieur devant la justice.

Les plaignants ont entre 18 et 35 ans et
ne sont pas des "militants " selon l'un de leurs avocats. Ils sont
étudiants, salariés, noirs ou arabes et veulent pointer une pratique
discriminatoire. L'Etat et le parquet préconisent de les débouter.

"Ces contrôles viennent
nous rappeler qu'on n'est pas totalement Français" (un des plaignants)

Parmi les plaignants, un
habitant de 23 ans, originaire de Vaulx-en-Velin, près de Lyon. Il a été contrôlé
le 27 septembre 2011 en bas de chez lui. Identité, fouilles, et palpations,
sans aucun motif selon lui. "Pour nous c'est quotidien ",
raconte-t-il, "le fait qu'ils [les policiers] parlent mal, qu'il y ait
des fouilles, le tutoiement, le ton un peu hautain
". Il l'avoue : "A
la longue, c'est usant
" et estime que si ces contrôles cessaient, la
situation à Vaulx-en-Velin "serait plus calme ".

Selon une enquête de l'Open society justice initiative
menée en 2009 avec le CNRS, un noir a de trois à onze fois plus de chances d'être
contrôlé par la police qu'un blanc, et un maghrébin, de deux à quinze fois
plus. Le
porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet, a déclaré qu'un
"vrai travail de profondeur a été engagé afin de renforcer " et
"rétablir le lien " forces de l'ordre/population. Il cite en exemple
le nouveau code de déontologie de la police qui encadre mieux les contrôles d'identité.

►►► Lire ici l'enquête de l'Open society justice initiative de 2009