Claude Guéant aux portes du tribunal correctionnel

L’ex-ministre de l’Intérieur pourrait être jugé en correctionnelle à l’automne. Aucune décision n'a encore été prise mais l’avocat de Claude Guéant n’infirme pas les révélations du site Médiapart.

(Claude Guéant pourrait être convoqué en correctionnelle après l'été © MaxPPP)

L’affaire dite des primes en liquide pourrait connaitre un premier épisode judiciaire au tribunal correctionnel de Paris après l’été. Le parquet national financier a fait savoir mardi dans un communiqué "qu'aucune décision de poursuite n'a été formalisée", mais l'avocat de Claude Guéant estime imminente la décision et il dénonce au passage un manque de respect des droits de la défense.

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Des prélèvements dans la caisse des policiers

Claude Guéant, ancien ministre de l’Intérieur, se retrouve sous la menace d'un renvoi en correctionnelle pour détournement de fonds publics et recel. Il lui est reproché d’avoir pioché dans la caisse des frais d'enquête et de surveillance des policiers. Cette réserve est censée rémunérer les dépenses professionnelles des fonctionnaires de police et payer leurs informateurs. Claude Guéant, alors directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, aurait perçu 10.000 euros par mois en liquide de 2002 à 2004, d’après un rapport d'inspection daté de juin 2013. Dans les médias, l’ancien ministre avait justifié ces prélèvements par le besoin de compenser l'arrêt des fonds spéciaux en 2002. Ces fonds permettaient de gratifier des fonctionnaires avec des primes en liquide.

"Des pratiques pendant 70 ans"

L’avocat de Claude Guéant, Me Phlippe Bouchez El Ghozi estime qu’une citation directe visant Claude Guéant pour un renvoi au tribunal "comme un voleur de mobylette " dit-il reviendrait à dénier son droit à se défendre.

"On va finalement juger les pratiques au sein du ministère de l’Intérieur depuis 70 ans consistant à utiliser les frais d’enquêtes et de surveillance, en partie pour des compléments de rémunération de fonctionnaires."

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L’avocat de Claude Guéant ajoute que "la citation directe sans juge d’instruction constitue un problème, d’égalité des armes, de respect des droits de la défense" . Mais, pour le parquet financier, il n'y a pas besoin d'un juge d'instruction dans ce dossier, où dit-on, tout est complet. Outre l’ex-ministre UMP, l’affaire concerne aussi Michel Gaudin, patron de la police nationale au moment des faits.