AZF : peines maximales requises

Le Parquet a requis les peines maximales contre l'ex-directeur de la filiale du groupe Total, Grande Paroisse

L\'ex-directeur de l\'usine AZF Serge Biechlin.
L'ex-directeur de l'usine AZF Serge Biechlin. (© F2)
Le Parquet a requis les peines maximales contre l'ex-directeur de la filiale du groupe Total, Grande ParoisseLe Parquet a requis les peines maximales contre l'ex-directeur de la filiale du groupe Total, Grande Paroisse

Trois ans de prison avec sursis ont été requis contre Serge Biechlin et une amende de 45.000 euros poursuivi, comme Grande Paroisse, pour homicides, blessures et dégradations involontaires.

Contre Grande Paroisse, le Parquet a requis 225.000 euros d'amende. La parole sera donnée lundi aux avocats de la défense, le jugement est attendu en novembre.

En huit heures de réquisitoires retraçant l'enquête menée depuis la catastrophe qui a fait 31 morts et des milliers de blessés le 21 septembre 2001 à Toulouse, Patrice Michel et la procureure adjointe Claudie Viaud ont mis en cause au terme de quatre mois d'audiences, "un dysfonctionnement grave dans la gestion des déchets et le recours à la sous-traitance, dans une usine pourtant classée Seveso 2".

"Par leurs études, leur expérience, ils connaissaient le risque, mais Grande Paroisse a baissé la garde dans deux domaines, le stockage des nitrates déclassés et le croisement des produits incompatibles", a notamment précisé Claudie Viaud.

Il y a "faute caractérisée", punissable tant au plan du droit pénal que du droit du travail aussi bien pour Grande Paroisse que pour Serge Biechlin, a ajouté Claudie Viaud.

Pour Patrice Michel, "aucune condamnation ne pourra réparer les souffrances qui touchent à l'infini", mais dans cette affaire "historique", le parquet estime qu'il faut "tirer les conséquences en tout domaines, c'est notre devoir de mémoire à l'égard de tous ceux qui ont perdu la vie dans ce drame qui n'avait rien d'une fatalité".

L'accusation attribue la catastrophe au déversement accidentel sur un tas de nitrate d'ammonium (engrais ou explosif industriel) du box d'entrée du hangar 221, d'un produit chloré (DCCNa) incompatible, récupéré avec une benne blanche dans des sacs au hangar 335 par le salarié d'une entreprise sous-traitante, Gilles Fauré.

Le ministère public avait estimé irrecevables dès le début du procès les citations directes de certaines des 3.000 parties civiles, qui considéraient Total et Thierry Desmarest, l'ancien PDG du groupe pétrolier, comme les "donneurs d'ordre" chez AZF.