Arbitrage : l'opération de com' de Bernard Tapie

Il s'était quasiment invité au 20-Heures de France 2 à l'issue de sa garde à vue et d'un week-end de repos. Bernard Tapie, mis en examen vendredi pour "escroquerie en bande organisée", s'est défendu bec et ongle lundi contre les accusations des juges et des médias. En matière de communication, Bernard Tapie a fait... du Bernard Tapie.

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Ceux qui imaginaient que Bernard Tapie allait faire profil bas, abattu par quatre jours et quatre nuits éprouvants de garde à vue et une mise en examen, avaient tout faux. À 70 ans, Bernard Tapie reste fidèle à sa marionnette des Guignols : un homme gouailleur, qui râle constamment contre la justice et contre les journalistes. Sa prestation médiatique n'a pas étonné les spécialistes de la com' et des médias.

" Il mélange trois axes " , explique le spécialiste de la communication et des médias Olivier Cimelière : "La victimisation en permanence. Les 'J'assène' à coups de formules bien emballées voire dans le vulgaire et le populaire. Et les va-et-vient incessants d'un sujet à l'autre, ce qui fait qu'on perd assez vite le fil de la conversation et qu'on se focalise plutôt sur la forme du débat. Et à ce jeu-là, Bernard Tapie est imbattable " , analyse Olivier Cimelière.

Renaissance permanente

Entre deux envolées lyriques, Bernard Tapie à réussi à vanter les mérites du site Internet que son fils vient de créer sur l'affaire de l'arbitrage. Et à faire la promotion de son livre sorti jeudi, alors que l'homme d'affaires se trouvait encore en garde à vue.

Finalement, ce genre de situations a toujours profité plus qu'autre chose à Bernard Tapie. À l'image du yacht qu'il s'est acheté, le bien nommé "Reborn" ("renaissance" en français). La carrière de Bernard Tapie est une renaissance permanente, explique son biographe. "En 1998, quand j'ai écrit sa biographie, on m'expliquait que Tapie était fichu [...] À chaque fois qu'on le laisse mort, dans le sang, il renaît de ses cendres. Même à 70 ans", explique André Bercoff dans un éclat de rire. "C'est un type qui est parti de rien. La survie, dès le départ, joue beaucoup sur lui. C'est un type qui ne peut pas céder", poursuit le journaliste et écrivain.

Même s'il est un jour renvoyé devant un tribunal, même s'il doit rendre à l'État les 403 millions d'euros qu'il a touchés grâce à l'arbitrage, Bernard Tapie ne s'estimera sans doute jamais vaincu. Certains disent dans son entourage qu'il se verrait bien candidat à la mairie de Marseille dans quelques mois.