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Itinéraire du nouveau jihadiste français

Entre la cellule salafiste démantelée samedi, le cas Mohamed Merah et des groupes terroristes des années 1990, un parcours commun se dessine.

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La police arrête un membre présumé d'une cellule islamiste, le 6 octobre 2012, à Cannes (Alpes-Maritimes). (GILLES TRAVERSO / MAXPPP)

ANTITERRORISME - Après le démantèlement d'une cellule islamiste, samedi 6 octobre, le profil des gardés à vue se précise petit à petit. Leur parcours aussi. Au fil de l'enquête, des points communs apparaissent entre le groupe de Cannes (Alpes-Maritimes) soupçonné d'être à l'origine de l'explosion dans une épicerie casher de Sarcelles (Val-d'Oise) en septembre, Mohamed Merah et d'autres affaires plus anciennes. FTVi retrace l'itinéraire des acteurs du "terrorisme intérieur", selon les termes du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.

Hugo Clément et Raymond Chapelard - France 2

1Un casier judiciaire de délinquant

Trois des suspects arrêtés samedi étaient connus pour des délits. Certains avaient été condamnés pour trafic de drogue, vol et violence. Jérémie Louis-Sidney par exemple, le suspect tué à Strasbourg (Bas-Rhin), avait été condamné en 2008 à deux ans de prison  pour trafic de drogue par le tribunal correctionnel de Grasse (Alpes-Maritimes).

"Vols, dégradations", c'est déjà ce qui apparaissait dans le dossier Merah, qui comptait 18 délits commis alors qu'il était mineur, comme le détaillait FTVi dans cet article. Une fois majeur, l'auteur des tueries de Toulouse et Montauban avait finalement atterri en prison pour 18 mois pour un vol avec violence.

Avant eux, Khaled Kelkal, auteur de l'attentat du RER B à Paris, qui avait fait 8 morts et près de 150 blessés le 25 juillet 1995, était aussi un petit délinquant, issu cette fois de la banlieue lyonnaise, comme le rappelle Le Monde. Rien d'étonnant pour Farhad Khosrokhavar, sociologue. "Souvent, ces jeunes sont recrutés dans des banlieues ou des lieux d'exclusion et ils ont déjà pratiqué la délinquance", explique-t-il au Parisien (article payant). 

2Un passage en prison

Anne-Charlotte Hinet et Julien Pelletier - France 2

Deux ans pour Louis-Sidney, 18 mois pour Merah. La prison apparaît comme une étape capitale. "Si vous êtes mentalement perturbé, la frustration peut être un moment décisif, c'est ça le vrai problème", expliquait Farhad Khosrokhavar à FTVi, au sujet du parcours de Mohamed Merah. Selon lui, "un tiers de la population carcérale ne devrait pas y être, mais devrait se trouver dans des hôpitaux psychiatriques".

C'est en prison que "ma foi s'est décuplée", confiait Merah au Raid pendant le siège de son appartement, le 21 mars. Malgré la surveillance des groupes qui pratiquent le prosélytisme en prison, l'isolement peut favoriser "l'autoradicalisation". 

3Une conversion à l'islam

Les rares islamistes qui ont grandi et frappé en France ont cela en commun : une conversion ou une "réconciliation" avec la religion, en prison ou à leur sortie. Aucun n'a réellement été élevé dans un contexte religieux. "Comme convertis, ils ont besoin de plus de zèle afin de prouver l'authenticité de leur foi", explique Farhad Khosrokhavar au Parisien (article payant).

L'énergie du zèle, ces convertis la trouvent par exemple sur le web, outil d'information et de propagande efficace pour les salafistes, comme l'explique FTVi dans cet article. Merah avait ainsi été accusé par la mère d'un ado de tenter d'embrigader son fils en lui montrant des vidéos d'Al-Qaïda sur internet. En plus des images de propagande, on y trouve facilement des conseils pour se former au jihad, sur des pages rédigées en arabes mais aussi en anglais ou en français. 

"Deux ou trois des suspects" arrêtés samedi, selon Libération, se sont convertis à l'islam ces dernières années. Comme Yann Nsaku, 19 ans, espoir du football à l'AS Cannes, parti en 2009 au club de Portsmouth, en Angleterre. Son père évoque une "conversion lente" à son retour, sous l'influence d'un ami d'enfance qui l'initie à la religion musulmane. Cet ami lui fait ensuite rencontrer Jérémie Louis-Sidney, lui aussi récemment converti.

C'était également le cas des deux chefs présumés du gang de Roubaix, responsable d'un meurtre, de plusieurs braquages et d'une tentative d'attentat en 1996. Les Français Christophe Caze et Lionel Dumont avaient rencontré leurs futurs acolytes, des musulmans venus du Maghreb et de Turquie, dans une mosquée de Roubaix (Nord), rappelle Le Monde.

4Des séjours à l'étranger

Si le parcours des autres membres du groupe de Cannes demeure flou, Le Figaro note que Louis-Sidney "aurait amorcé sa conversion progressivement, arrêtant l'alcool et allant rencontrer les imams dans des pays du Maghreb". Dans la même région, au début des années 90, Khaled Kelkal s'était rapproché du Groupe islamique armé (GIA), lors d'une visite à sa famille en Algérie.

D'autres ont voyagé beaucoup plus loin pour se former au jihad. Afghanistan, Pakistan et Irak figuraient par exemple dans le carnet de voyage de Mohamed Merah. Début avril, un autre coup de filet avait mené à l'arrestation de dix présumés islamistes radicaux, surveillés notamment en raison de voyages dans les zones tribales, à la frontière pakistano-afghane.

Le Conseil des ministres a d'ailleurs examiné le 3 octobre un projet de loi antiterroriste qui permettra de poursuivre des Français commettant des actes de terrorisme à l'étranger, ou partant s'y entraîner au jihad.

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