Reportage Fin de vie : en Belgique, l’euthanasie s'est banalisée mais reste strictement encadrée

Alors que le rapport sur la fin de vie du Comité consultatif national d'éthique doit être rendu mardi, cela fait vingt ans que l'euthanasie est légale en Belgique. A Uccle, par exemple, dans l'agglomération de Bruxelles, le Dr Decroly met fin à la vie de deux patients en moyenne chaque mois. Mais les conditions sont strictes.

Article rédigé par
Angélique Bouin - franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 2 min.
L'examen d'une proposition de loi sur l'aide active à mourir avait débuté au Parlement l'an passé, sans jamais aboutir. (PIERRE HECKLER / MAXPPP)

En Belgique, l’euthanasie est entrée dans les mœurs : elle est en effet légale depuis 20 ans et a même été autorisée aux mineurs en 2014, même si cela reste extrêmement rare. En France, les débats ont trainé : le rapport sur la fin de vie du Comité consultatif national d'éthique doit être rendu mardi 13 septembre, une première étape avant l'organisation d'une convention citoyenne.

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La pratique s'est banalisée en Belgique, mais elle n'est reste pas moins très encadrée. Le Dr Decroly, qui exerce à Uccle, dans l'agglomération de Bruxelles, explique mettre fin à la vie de deux patients en moyenne chaque mois. Il a été spécialement formé pour cela. "La loi prévoit trois conditions sine qua none, souligne-t-il. Il faut souffrir d'une ou plusieurs maladie incurables, d'avoir une souffrance inapaisable, qu'elle soit psychologique, psychique ou physique, et enfin d'avoir fait une demande consciente et répétée."

Un dossier de douze pages et deux avis médicaux

Il faut aussi deux avis médicaux, et même trois si le décès n'est pas imminent. "On demande un troisième avis, détaille le praticien, d'un psychiatre normalement, qui va vérifier qu'on ne se trouve pas face à un problème psychiatrique, de dépression éventuellement mal pris en charge."

Le dossier de validation de douze pages est parfois envoyé en amont à la commission de contrôle pour avis. Pour les mineurs, cette procédure est souvent très longue : 18 mois pour le jeune de 17 ans qu'il a récemment accompagné. Selon les chiffres officiels de l'an dernier, 60% des malades euthanasiés en Belgique souffraient d'un cancer, 2% seulement de troubles mentaux.

"Les pathologies sont très variables. Il y a des cancers, des pathologies cardiaques ou neurologiques terminales. Et quelques demandes dans le cadre psychiatrique, mais c'est beaucoup plus compliqué."

Dr Decroly

à franceinfo

Comme pour le don d'organes, les citoyens belges peuvent enregistrer officiellement une déclaration anticipée en cas d'inconscience. Dans le hall de la commune, un panneau indique le guichet "euthanasie", où travaille Louisa. "C'est vraiment dans les habitudes des gens. Hier, on a une personne de 32 ans qui l'a fait, explique Louisa. Nous, on l'envoie au SPF Santé, donc le Service public fédéral Santé, qui entre la déclaration dans une base de données.

Jacline, 86 ans, a déjà fait cette démarche : "On est très bien reçus, on reçoit des explications et tout, décrit Jacline. C'est quand même merveilleux que si je deviens un légume, mes enfants ne devront pas me garder dans cet état pendant 20 ans. C'est très bien organisé !"

En 2021, 2 700 adultes ont été euthanasiés en Belgique. Parmi eux ne se trouvait aucun mineur.

En Belgique, l’euthanasie s'est banalisée mais reste strictement encadrée - le reportage d'Angélique Bouin
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