Avec la réforme du bac, "on sort du confort des séries" pour "quelque chose qui sera mieux", estime la PEEP

Samuel Cywie, porte-parole de la fédération PEEP, a expliqué, mardi sur franceinfo, attendre désormais la mise en place "qui est fondamentale".

Des élèves de terminale, le 17 juin 2010, au lycée Marie-Curie de Strasbourg (Bas-Rhin).
Des élèves de terminale, le 17 juin 2010, au lycée Marie-Curie de Strasbourg (Bas-Rhin). (JOHANNA LEGUERRE / AFP)

Dans le cadre de la réforme du baccalauréat, au cœur des contestations des lycéens, les établissements annoncent, mardi 18 décembre, les spécialités qui seront proposées aux élèves à la rentrée prochaine, en plus du tronc commun. Une bonne chose pour Samuel Cywie. Le porte-parole de la fédération PEEP, l'une des principales fédérations de parents d'élèves déplorait jusqu'alors "une certaine hiérarchie des filières".

franceinfo : Que pensez-vous des douze choix proposés aux élèves ?

Samuel Cywie : C'est plutôt intéressant, parce qu'avoir un choix sur les goûts, sur les talents des élèves c'est mieux que d'avoir un carcan avec les séries. Maintenant, ce qu'il faudra voir, c'est la mise en place, l'équité territoriale, qui est fondamentale. Sachant que jusqu'ici, vous n'aviez pas non plus toutes les spécialités de terminale dans tous les établissements. Dans certaines académies, il y a un vrai effort pour offrir plus. On pense réellement qu'il y aura plus de choix pour les élèves. Après, c'est vraiment des questions de seuil. Puisqu'il y a certains établissements qui vont offrir 8 ou 9 spécialités, est-ce qu'ils auront assez d'élèves pour les remplir ?

Est-ce que les attentes du supérieur inquiètent ?

[Les élèves] sont dans le flou. Il y a vraiment une urgence à avoir des informations, sachant aussi que beaucoup de professeurs sont assez peu informés et ont donc du mal à informer leurs élèves, c'est un vrai problème ! Alors c'est vrai qu'on sort du confort des séries, mais on entre dans quelque chose qui sera mieux. Maintenant, le problème c'est toujours les années de transition. On verra les effets de cette réforme au bout de deux, trois ans. Les comportements commenceront à changer et on aura aussi le supérieur qui se sera adapté réellement et qui acceptera probablement d'autres profils pour avoir des cours plus intéressants avec des gens différents dans les amphithéâtres.

Est-ce une erreur de sortir les mathématiques du tronc commun ?

Les mathématiques n'étaient pas dans le tronc commun parce que la majorité des élèves de littéraire ne faisaient plus de mathématiques. Nous, on voulait qu'au moins les mathématiques continuent jusqu'à la fin de première. Cela n'a pas été un choix, probablement pour des questions de nombre de professeurs de maths, parce qu'on en manque. En revanche, vous aurez théoriquement la possibilité d'avoir une option mathématique complémentaire en terminale pour les élèves qui auraient arrêté, mais qui en auraient besoin pour la suite de leurs études. Le problème, c'est que là, on est dans la théorie, puisqu'on n'a pas encore les options de la terminale et la carte de ces options.