Agression à la fac de droit à Montpellier : accusé d'avoir laissé entrer "une milice", le doyen de la faculté se défend

Dans un communiqué publié vendredi le Nouveau parti anticapitaliste accuse directement Philippe Pétel, le doyen de la faculté de droit de Montpellier. Ce dernier dément avoir encouragé les violences.

La faculté de droit de Montpellier (Hérault).
La faculté de droit de Montpellier (Hérault). (CAPTURE D'ÉCRAN GOOGLE)

Près d'un millier d'étudiants se sont rassemblés, vendredi 23 mars, devant la fac de droit de Montpellier, dans l'Hérault, pour dénoncer l'agression de plusieurs d'entre eux, la veille, dans l'enceinte de l'établissement. Une autre manifestation de soutien était organisée à l'appel de l'intersyndicale des personnels et profs des universités de Montpellier.

Une quarantaine d'étudiants ont été agressés par une dizaine de personnes cagoulées et armées de bâtons, dans la nuit de jeudi à vendredi, alors qu'ils occupaient un amphithéâtre de la faculté à l'occasion de la journée de mobilisation nationale pour la défense du service public. Trois victimes, blessées, ont dû être transportées à l'hôpital.

"Le doyen a laissé entrer une milice" selon le NPA

Dans un communiqué, publié vendredi, le Nouveau parti anticapitaliste dénonce une "attaque ignoble et lâche" et accuse directement Philippe Pétel, le doyen de la faculté de droit de Montpellier. Ce dernier "a fait entrer une quinzaine d’hommes cagoulés et armés par les portes arrière des bâtiments", selon le NPA. "Si cette milice a pu entrer dans l’amphithéâtre par les issues de secours, c'est bien que le doyen, présent sur les lieux a donné l'ordre au personnel de sécurité de les laisser entrer", indique le parti exigeant "la démission immédiate du doyen".

Mis en cause par plusieurs témoins, Philippe Pétel est revenu, vendredi, sur France Bleu Hérault, sur le déroulement de l'agression : "L'amphithéâtre était occupé par des étudiants extérieurs à la fac de droit, la situation était très tendue entre ces grévistes et les étudiants en droit qui ne souhaitaient pas que la fac soit occupée pour continuer de travailler", explique le doyen qui "dénonce ces violences".

La situation nous a échappé du fait des occupants. En aucun cas, je n'ai encouragé ces violences. Philippe Pétel, doyen de la fac de droit de Montpellier

Philippe Pétel assure aussi avoir demandé "à deux reprises" l'intervention de la police "mais le préfet a refusé".

Le ministère diligente une enquête

La ministre de l’Enseignement supérieur "condamne avec la plus grande fermeté les violences commises à la faculté de droit de Montpellier", indique un communiqué du ministère diffusé vendredi. Frédérique Vidal y rappelle que la faculté doit rester "un lieu du dialogue et du débat et que rien ne peut justifier le recours à quelque forme de violence que ce soit". 

La ministre a diligenté une enquête de l’Inspection générale de l’administration de l’Education nationale et de la recherche qui doit se rendre sur place dès lundi. Elle a aussi demandé au président de l’Université de prendre des mesures pour "garantir le respect de l’ordre public" et "l'accompagnement des étudiants".

La fac fermée jusqu'à lundi

Le président de l'Université de Montpellier, Pierre Augé a décidé de fermer la faculté de droit jusqu'à lundi "afin de prévenir tout risque de troubles à l’ordre public". Il a porté plainte contre X pour "que toute lumière soit faite sur les événements survenus la nuit dernière."