Le chimiste Jean-Marie Tarascon, expert du stockage de l'énergie, remporte la médaille d'or 2022 du CNRS

Ses travaux portent sur la longévité des batteries de demain, ainsi que leur empreinte environnementale.

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Le chercheur français Jean-Marie Tarascon, le 31 octobre 2016 à Paris. (DAMIEN GRENON / AFP)

La médaille d'or 2022 du CNRS, l'une des plus prestigieuses récompenses scientifiques françaises, a été attribuée au chimiste Jean-Marie Tarascon, jeudi 7 juillet. Ce spécialiste des batteries est le "pionnier du stockage électrochimique de l'énergie". Ses travaux, reconnus dans le monde entier, "sont au cœur des défis scientifiques et des enjeux environnementaux d'aujourd'hui et de demain : permettre le stockage de l'énergie dans le respect des principes d'éco-conception, de sécurité et de recyclage", a déclaré le PDG du CNRS Antoine Petit, dans un communiqué.

A 68 ans, Jean-Marie Tarascon travaille depuis plus de vingt-cinq ans dans des laboratoires associés au CNRS et est aujourd'hui professeur au Collège de France. Il dirige également le réseau français sur l'énergie RS2E, qui rapproche acteurs industriels et académiques. Ses travaux visent notamment à améliorer la longévité des batteries et à remplacer les matériaux dont l'extraction pose des problèmes éthiques et environnementaux – en remplaçant, par exemple, le cobalt des cathodes par du manganèse.

Vers des batteries du futur plus vertueuses

Le chercheur a démarré sa carrière aux Etats-Unis au début des années 1980. En 1989, le séisme de Loma Prieta, en Californie, relance la recherche sur les batteries, car face à l'urgence de la situation, l'autonomie des batteries au plomb se révèle insuffisante. Jean-Marie Tarascon prend alors la tête du groupe du stockage de l'énergie et se convertit à l'électrochimie. Avec son équipe, il explore la voie "encore balbutiante" des batteries au lithium et met au point les premières batteries extra-plates, plus flexibles et plus sûres, qui alimentent aujourd'hui certaines voitures électriques.

Depuis son retour en France en 1995, il a notamment dirigé le laboratoire réactivité et chimie des solides d'Amiens, et initié la création du réseau RS2E. C'est sous son impulsion que ce réseau a développé la batterie sodium-ion, utile pour le stockage des énergies renouvelables. Celle-ci "délivre des performances légèrement inférieures à celles des batteries lithium-ion", souligne le CNRS, mais "elle reste très intéressante pour le stockage stationnaire des énergies renouvelables". Elle présente également l'intérêt d'utiliser un élément, le sodium, des milliers de fois plus abondant sur Terre que le lithium.

Depuis 1954, la médaille d'or du CNRS distingue chaque année "l'ensemble des travaux d'une personnalité scientifique qui a contribué de manière exceptionnelle au dynamisme et au rayonnement de la recherche française". Elle sera remise à Jean-Marie Tarascon, avec une dotation de 50 000 euros, en décembre prochain lors d'une cérémonie à Paris. L'an dernier, la récompense avait couronné les travaux du physicien Jean Dalibard.

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