Projet OneWeb : des satellites pour fournir l'Internet à haut débit partout dans le monde

L'objectif est de réduire le délai de transmission du réseau internet, partout sur Terre.

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Radio France
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La fusée porteuse Soyouz et les satellites de la société britannique OneWeb, au cosmodrome de Vostochny, en Russie, le 25 mars 2021. (ROSCOSMOS PRESS SERVICE / HANDOUT / MAXPPP)

Une fusée décolle de Russie dimanche 25 avril avec à son bord 36 satellites. Le projet britannico-indien baptisé OneWeb a pour objectif de fournir partout et à tout le monde sur Terre, une connexion internet, et ce dès l'année prochaine, a confirmé Éric Lagadec, astrophysicien au laboratoire Lagrange de l'observatoire de la Côte d'Azur et président de la Société française d'astronomie et d'astrophysique.

franceinfo : Ce projet va donc permettre à tous d'avoir Internet ?

Éric Lagadec : C'est exactement ça. En fait, la nouveauté, c'est l'obtention d'Internet de façon rapide, parce que maintenant on peut fournir Internet partout sur Terre avec des satellites géostationnaires, qui se trouvent à environ 36 000 km d'altitude. Là, ce sera des satellites plus bas. Cela va permettre de réduire la latence de transmission.

Est-ce que l'on sait combien il y a de satellites dans l'espace ?

Actuellement, il y a environ 6 000 satellites et donc là, maintenant, avec ces constellations, on va atteindre des dizaines de milliers. On va changer d'ordre de grandeur.

Cette augmentation du nombre de satellites change-t-elle quelque chose ? Représentent-ils une pollution ?

Exactement. Ces satellites, surtout parce qu'il y en a beaucoup, peuvent polluer nos observations, en entraînant des traînées sur les images qu'on fait. Ce qui peut rendre les images inutilisables. Il y a aussi un autre aspect, celui des transmissions des données par satellite. Ils passent au-dessus de la Terre et transmettent leurs données pour que les gens puissent avoir Internet. Et nous avons des télescopes radio construits dans des déserts, donc loin de la civilisation pour ne pas avoir de pollution due aux transmissions de la civilisation humaine. Il faut à tout prix éviter que ces satellites transmettent leurs données au-dessus des observatoires.

On entend souvent parler de la pollution dans le ciel, des débris, des déchets qui sont dans l'espace. Est-ce un problème aussi ?

Évidemment, je ne sais pas si vous avez suivi hier, au moment de l'arrivée de Thomas Pesquet dans la Station spatiale internationale, ils ont dû dévier la trajectoire du couloir de la capsule parce qu'il y avait un déchet sur la trajectoire spatiale. Donc, il y en a déjà beaucoup. Et puis évidemment, si on rajoute, si on passe de 6 000 à une quarantaine ou une cinquantaine de milliers de satellites, il y aura plus de déchets, ce qui peut être dangereux.

Ce qui serait encore plus grave, c'est d'avoir trop de satellites, et de ne plus pouvoir avoir accès en orbite basse. On ne pourrait donc plus lancer de satellites, car il y en a trop qui se fragmentent et qui créent des déchets. Il faut éviter de perdre l'accès à l'orbite basse, parce que c'est quelque chose d'important si on veut surveiller la Terre pour comprendre comment elle évolue, notamment son climat.

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