Rapport sur la malbouffe : "On sera incapables d'appliquer cette règle des 50 additifs", préviennent les industriels

Richard Girardot, président de l'Ania (Association nationale des industries alimentaires), a réagi mercredi sur franceinfo alors qu'un rapport préconise de limiter fortement le nombre d'additifs autorisés dans les produits transformés.

Richard Girardot, président de Nestlé France et président de l’Ania (Association nationale des industries alimentaires), en avril 2017.
Richard Girardot, président de Nestlé France et président de l’Ania (Association nationale des industries alimentaires), en avril 2017. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

"On sera incapables d'appliquer cette règle des 50 additifs dans les quelques années qui viennent, c'est un chantier de longue haleine", explique mercredi 26 septembre sur franceinfo Richard Girardot, le président de Nestlé France et président de l’Ania (Association nationale des industries alimentaires), alors qu'un rapport parlementaire sur l'alimentation industrielle propose de réduire à 48 le nombre d'additifs autorisés dans les produits transformés.

"On est déjà dans une démarche de progrès. Par exemple, sur les additifs, les industriels ont déjà remplacé le glycose ou le dextrose par du sucre", poursuit Richard Girardot. "On ne communique peut-être pas assez sur ce qu'on fait et il y a encore des excès".

Des aliments qui se conserveront moins longtemps

Le président de l'Ania alerte aussi sur la conservation des produits : "On va continuer à baisser nos additifs, c'est notre contrat. Simplement, il ne faut pas non plus demander aux produits qu'on va commercialiser d'avoir des durées de vie aussi longues pour le consommateur. On va retravailler les recettes, mais il y aura des contraintes à la clé pour le consommateur."

Après six mois d'enquête et 40 auditions, ce rapport propose aussi de limiter la teneur en sel des aliments et d'améliorer la qualité des repas à l'école, à l'hôpital et dans les maisons de retraite. "On n'a pas attendu qu'il y ait six mois de travail des députés pour agir", répond Richard Girardot. "Dans les 10 dernières années, on a baissé de 30% le taux de sucre dans les produits à base de sucre, en particulier la confiserie. De même, dans les produits qui contiennent du sel, on a baissé les quantités de 20%."