L'AP-HP instaure une autorisation préalable pour les médecins travaillant chez un industriel

Martin Hirsch, directeur de l'AP-HP, a annoncé que tout médecin de l'AP-HP ayant une activité rémunérée "au profit d'un industriel" devra le déclarer et sera soumise à autorisation.

M. Hirsch présente les conclusions d'un rapport visant à mieux prévenir les conflits d'intérêts au sein de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), alors qu'une polémique s'est développée autour du pneumologue Michel Aubier, accusé d'avoir caché aux sénateurs ses liens avec l'industrie pétrolière. 

Les données d'une activité au profit d'une entreprise "seront centralisées dans une base unique, de telle sorte qu'on puisse faire de la prévention", précise-t-il dans un entretien au journal Le Monde paru le 28 mars.

Le rapport, rédigé par un groupe de travail comprenant des médecins et cadres de l'établissement, des universitaires et des personnalités extérieures, préconise également le remplacement des "associations de service" créées par des médecins et  qui "sont des réceptacles à des financements de laboratoires avec peu de contrôle", selon le patron de l'AP-HP. 

"Est-il sain, interroge le rapport, d'avoir dans un établissement public, des centaines d'associations domiciliées, pas toutes identifiées, dont les sources de financement ne sont pas connues ? Au moins 400" associations ont été recensées, précise M. Hirsch. Pour mettre fin à ce système, "nous avons une Fondation AP-HP pour la recherche, laquelle peut centraliser les financements extérieurs et les redistribuer", ajoute-t-il. 

Le rapport prône également "une application plus stricte et plus systématique de la réglementation" sur les activités dites "accessoires" (rémunérées en plus des activités principales). Il propose que les autorisations ne soient données que pour un an et que le temps consacré par le médecin à ces activités soit plafonné. 

Autres pratiques visées par le rapport: les présentations de nouveaux produits par des visiteurs médicaux, qui devraient être effectuées "en présence d'un senior", et le mode de financement des "moments de convivialité", c'est-à-dire des "pots", souvent "pris en charge par des entreprises du secteur de la santé" et à l'origine de "fidélités" pouvant durer "jusqu'à la fin de la carrière". Les participations à des congrès professionnels sont également abordées par ce rapport, qui propose l'introduction d'un "tiers neutre" entre l'industriel et le praticien.