Greffes du rein : de fortes inégalités régionales

Un an d'attente à Caen (Calvados), cinq ans en région parisienne, les Français sont inégaux face aux délais d'attente pour une greffe de rein. Une association de malades dénonce ces disparités, et en appelle au Défenseur des droits.

France 3

Une vie au ralenti : Emilie Levraut ne travaille plus; son quotidien est rythmé par une machine à laquelle elle est reliée dix heures d'affilée. Elle est dialysée et attend une greffe de rein. Atteinte d'une maladie rare, Émilie attend depuis quelques mois un greffon. Mais son hôpital l'a prévenue : il lui faudra peut-être patienter cinq ans. Son ressenti ? "C'est dans tellement longtemps que ça n'arrivera jamais. En plus on sait que plus on dialyse, moins le corps acceptera la greffe".

18 000 patients attendent une greffe de reins

C'est à Paris, là où elle est soignée, que les délais sont les plus longs. Les inégalités entre régions sont conséquentes : 45 mois d'attente à Nancy (Meurthe-et-Moselle) par exemple, contre seulement 13 à Caen (Calvados). Quand un établissement réalise un prélèvement de deux reins sur un donneur, il en conserve un pour l'attribuer localement à l'un de ses patients. Une association de patients a saisi le défenseur des droits qui va devoir rendre un avis; l'agence de biomédecine, elle, dit tout faire pour améliorer le système. En France, près de 18 000 patients attendent une greffe de rein.

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Une opération de greffe de rein, en 2016.
Une opération de greffe de rein, en 2016. (PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP)