VIH : les antirétroviraux réduisent le risque de transmission au sein du couple

Les médicaments antirétroviraux réduisent le risque de transmission du virus du sida lors de rapports sexuels non protégés au sein d'un couple dont l'un des partenaires est séropositif, selon une large étude dont les résultats ont été publiés, mardi 12 juillet 2016, aux Etats-Unis.

Lorsqu'une personne est infectée par le VIH, elle est traitée par des antirétroviraux, des médicaments qui empêchent la prolifération du virus. Ils diminuent la charge virale, c'est-à-dire le nombre de virus dans le sang.

Une étude de grande envergure a été menée avec une équipe de chercheurs aux Etats-Unis pour mieux comprendre et apprécier le risque de transmission du virus du sida au sein de couples séro-différents (quand l'un des partenaires est séropositif et pas l'autre), lorsque la personne infectée est traitée par des antirétroviraux.

Un total de 900 couples dont les deux tiers étaient hétérosexuels et un tiers homosexuel ont été suivis pendant 1,3 année en moyenne sur 75 sites cliniques dans 14 pays européens entre septembre 2010 et mai 2014. Au début de la période d'observation, les couples avaient indiqué avoir eu des rapports non protégés pendant deux ans auparavant. Pendant la période de suivi, les couples ont fait part de 37 rapports annuels non-protégés en moyenne.

Le risque de transmission du VIH devient minimum

Il n'y a eu aucun cas de transmission du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) entre ces partenaires, d'après les travaux publiés dans le Journal of the American Medical Association (JAMA). Un petit nombre, 108 homosexuels (33%) et 21 hétérosexuels (4%) séronégatifs, ont dit avoir eu des relations sans préservatif hors de leur couple. Parmi ceux-ci, onze ont été contaminés.

"Dès qu'une personne infectée supprime sa charge virale avec des antirétroviraux, le risque de transmission devient minimum", explique le professeur Jens Lundgren du Rigshospitalet, à l'université de Copenhague.

Les personnes séropositives suivies pour l'étude, traitées avec des antirétroviraux, ont réduit leur charge virale à moins de 200 copies/ml, soit une infection quasiment indétectable.

La nécessité d'un plus long suivi en cas de rapports anaux

Les auteurs soulignent qu'on ne peut pas totalement exclure un risque de transmission, particulièrement pour des rapports anaux sur une période plus longue.

Ils estiment donc qu'un suivi plus long est nécessaire pour procurer un niveau similaire de confiance ou d'appréciation du risque pour ce type de rapports. De ce fait, les couples homosexuels dans l'étude seront suivis pendant encore trois ans.

"Les résultats de cette étude montrent clairement qu'un diagnostic précoce d'infection par le VIH et l'accès à un traitement efficace sont cruciaux pour réduire le nombre de nouveaux cas de VIH", souligne le professeur Jens Lundgren du Rigshospitalet, à l'université de Copenhague, l'un des principaux auteurs.