Covid-19 : "Si on veut embrayer sur la vaccination des enfants, il faut finir celle des adultes", estime un médecin

Benjamin Davido estime qu'il faut aller plus vite dans la campagne de rappel vaccinal. Selon lui, de nouvelles informations sur le variant Omicron du Covid-19 seront connues d'ici dix jours.

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Benjamin Davido, infectiologue, était l'invité du "8h30 franceinfo", vendredi 26 novembre 2021. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"Si on veut pouvoir embrayer sur la vaccination des enfants, très clairement, il faut finir celle des adultes. Malheureusement, ça ne va pas assez vite", estime dimanche 5 décembre sur franceinfo le médecin infectiologue Benjamin Davido. Alors qu'un conseil de défense sanitaire se tiendra lundi 6 décembre, il fait le point sur les différentes mesures envisagées pour faire face à la cinquième vague de Covid-19.

franceinfo : La vaccination des 5-11 ans susceptibles de développer des formes graves pourrait s'ouvrir d'ici la fin décembre et celle des autres enfants d'ici le mois de janvier. Quelle est la bonne réponse ?

Benjamin Davido : Les deux. Je pense qu'il faut distinguer la vaccination des enfants immunodéprimés à risque de forme grave du coronavirus, qui est incontestable, de celle de la population générale. Ensuite, se pose la question du taux d'incidence qui est très élevé chez les enfants, notamment chez les 5-11 ans, et qui questionne sur une circulation du virus entre les générations. Malgré le retour du masque à l'école, on voit bien qu'il y a quand même un réservoir de virus. Or, aujourd'hui, on a un vaccin qui a une efficacité modeste sur la transmission mais contre laquelle la campagne de rappel permet de restaurer une très forte efficacité. Évidemment, l'urgence est la vaccination des adultes. Et ensuite, la question du variant Omicron, pour laquelle j'espère qu'on aura d'ici une dizaine de jours la réponse sur l'efficacité vaccinale. Lorsqu'on aura la réponse, on pourra se poser la question de démarrer une campagne de première dose chez des enfants de 5 à 11 ans. Et donc, vous voyez que le calendrier nous amène en janvier.

Est-ce que les vacances de Noël pourraient être avancées d'une semaine comme en Belgique ?

Moi, je ne le crois pas. C'est un petit peu antinomique avec tout ce que le gouvernement nous avait expliqué, à savoir qu'il ne fallait pas faire porter le poids de cette pandémie sur les enfants et notamment sur la fermeture des écoles. En réalité, je pense que si on décide d'une telle mesure, ce n'est pas une mesure qui est pérenne. Aujourd'hui, il faut des mesures qui freinent le virus de façon durable dans le temps et au moins jusqu'à la fin de cette vague, c'est-à-dire jusqu'à la fin de l'hiver jusqu'à mars. Donc, on voit mal comment changer. Une semaine de vacances, dans un sens ou dans un autre, ne va pas permettre de freiner durablement la circulation du virus chez les enfants et chez les autres classes d'âge.

Concernant la campagne de rappel vaccinal, va-t-elle assez vite ?

Si on veut pouvoir embrayer sur la vaccination des enfants, très clairement, il faut finir celle des adultes. Aujourd'hui, malheureusement, ça ne va pas assez vite parce qu'on est pressé à la fois par le variant, par les fêtes de fin d'année et par une évolution qu'on peut qualifier d'exponentielle des contaminations à plus de 50 000 cas. Le virus circule très fort. Il circule également chez des gens vaccinés qui, je le rappelle, ne feront que de façon exceptionnelle une forme sévère hospitalière. Il faut donc aller plus loin. Il faut faire le rappel vaccinal pour que les vaccinés soient largement protégés et transmettent moins et n'aient pas à peser le fardeau d'éventuelles restrictions, et ensuite, qu'on arrive à embrayer sur les 6 à 7 millions de Français qui n'ont pas encore eu de première dose.

Le variant Omicron se répand-il très vite ?

Je crois que c'est difficile de le dire. Malheureusement, on est tributaire de l'échelle du temps. On saura d'ici la fin de l'année, s'il a cette capacité à la fois à se développer et à prendre le pas sur le variant Delta parce que, je le rappelle, les contaminations et les formes hospitalières qui arriveront à l'hôpital entre le 24 et le 31 décembre seront des infections dues au variant Delta. Donc, il faut rester toujours extrêmement prudent lorsqu'on parle du variant Omicron. Pour l'instant, il n'y a pas assez de cas et on peut s'en féliciter en Europe pour qu'on puisse envisager des prédictions sur sa transmissibilité, sa virulence et sa capacité de progression.

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