Urgence climatique, crise sanitaire : face à un traitement médiatique jugé "anxiogène", les Français attendent un journalisme de "solutions"

C’est ce qui ressort de la sixième édition du baromètre Viavoice réalisé pour les Assises internationales du journalisme de Tours, en partenariat avec France Télévisions, France Médias Monde, Le Journal du Dimanche et Radio France.

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Radio France
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Depuis le début de la pandémie, plus de la moitié des Français (56%) déclarent s'être tournés notamment vers les journaux télévisés pour s'informer. Un tiers (34%) ont opté pour les chaînes d'information en continu, 30% pour la presse écrite, 29% pour les journaux radios et 24% pour les médias numériques. Seuls 11% ont eu recours aux réseaux sociaux. Photo d'illustration. (FRÉDÉRIC CIROU / MAXPPP)

"Anxiogène", pas suffisamment "pragmatique" ni assez "pédagogique"... Le traitement par les médias de l'actualité liée au changement climatique d'une part, et à la crise du Covid-19 d'autre, a fait l'objet du baromètre Viavoice 2021 réalisé pour les Assises internationales du journalisme de Tours, publié samedi 25 septembre en partenariat avec Radio France, France Télévisions, France Médias Monde, et le JDD.  

En demande d'une information "constructive et porteuse de solutions" sur le climat

Selon ce sondage, six Français sur dix (61%) se sentent suffisamment informés par les journalistes et les médias sur le changement climatique. Mais paradoxalement, plus de la moitié des personnes interrogées (53%) estime qu'il n'est pas fait assez de place aux questions posées par le changement climatique et l'environnement. Seuls 11% des Français déclarent se sentir "tout à fait" informés. Et les plus jeunes, les 18-24 ans, génération la plus concernée, se déclarent à 48% insuffisamment informés.  

Dans le détail, l'actualité de la crise climatique est jugée trop "anxiogène" par 35% des Français, et "catastrophiste" (33%). Un quart (25%) la perçoit comme "moralisante". Seuls 16% la considère comme "pragmatique et concrète", 15% comme "pédagogique", seulement 12% "vérifiée" et 10% "constructive et porteuse de solutions". Très logiquement, la moitié des Français interrogés pour cette enquête (51%) souhaite que le changement climatique soit traité par les journalistes et les médias de manière "constructive et porteuse de solutions". Ils attendent une information "vérifiée" (42%) qui soit "pédagogique" (35%) et "rigoureuse" (34%).

Près d'un Français sur deux (48%) se dit en demande d'"expertises de chercheurs spécialistes de la question climatique", 40% souhaitent "des éléments de vérification (fact-checking) sur les informations qui circulent". Plus d'un tiers des sondés (36%) recherche des informations précises sur ce qu'il se passe dans les autres pays, un tiers (33%) des "reportages de terrain" et un quart (24%) "des débats contradictoires entre les experts, quand ceux-ci ne sont pas d’accord". 

La place accordée à la crise sanitaire du Covid-19 jugée "trop importante" dans les médias

Selon cette enquête, les Français portent un jugement partagé sur la manière dont la pandémie a été traitée par les journalistes. Comme l'année dernière, 60% des personnes interrogées pensent que le Covid-19 a une place "trop importante" dans les actualités. Cette insatisfaction est globalement partagée dans les mêmes proportions, quel que soit l'âge des sondés.  

Si l'information proposée par les médias est jugée comme "utile" par six Français sur dix, elle est perçue en revanche comme "anxiogène" pour 45% des personnes interrogés, "excessive" (45%), et "catastrophique" (33%). Elle est également considérée comme trop "émotionnelle" (23%) et "mensongère" (19%). La perception du traitement journalistique de la pandémie reste très peu positive. Seuls 18% des personnes interrogées la jugent "utile pour la vie quotidienne", concrète (12%) et pédagogique (8%). Et il n'y a que 9% des Français qui estiment l'information "vérifiée", "constructive et porteuse de solutions" (8%) ou "rigoureuse" (6%).  

Depuis le début de la pandémie, plus de la moitié des Français (56%) se sont tournés notamment vers les journaux télévisés pour s'informer. Un tiers (34%) ont opté pour les chaînes d'information en continu, 30% pour la presse écrite, 29% pour les journaux radios et 24% pour les médias numériques. Seuls 11% ont eu recours aux réseaux sociaux. Mais selon ce sondage, le travail des journalistes et des médias pendant la crise sanitaire a "alimenté la peur" de la pandémie. C'est le sentiment de 40% des personnes interrogées. Un tiers d'entre elles (34%) pensent que cette peur a été "utilisée pour faire de l'audience".  

Reste que les Français ont des attentes en termes de traitement médiatique de cette crise sanitaire dans les mois qui viennent. La moitié des personnes interrogées (50%) sont en recherche d'"informations constructives, qui proposent des solutions pour se protéger de la maladie". 48% souhaitent des éléments de vérification (fact-checking) sur les informations qui circulent sur la pandémie et 45% des paroles de "chercheurs spécialistes des questions sanitaires". Seulement un tiers veulent des informations sur la situation sanitaire des autres pays (34%) et un quart des débats contradictoires entre experts qui ne sont pas d'accord (25%). A noter encore que très peu de Français (20%) attendent des reportages de terrain et seulement 9% d'entre eux souhaitent prendre la parole pour témoigner ou poser des questions.

Cette étude a été réalisée par Viavoice pour les Assises internationales du journalisme de Tours, dont Radio France est partenaire avec France Télévisions, France Médias Monde, et le Journal du Dimanche. Les interviews ont été réalisées en ligne du 1er au 4 septembre 2021 auprès d'un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus, par la méthode des quotas appliquée aux critères du sexe, de l'âge, de la profession, des régions et catégories d'agglomération. 

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