Saturation du 115 : beaucoup trop de jeunes à la rue cet été

Chaque année, les associations de solidarité rappellent que la vie à la rue est aussi dangereuse l’été que l’hiver, avec des conséquences sociales et sanitaires dramatiques pour les personnes sans domicile fixe. La situation est particulièrement critique à Paris, Marseille et en Gironde.

La Fédération des acteurs de la solidarité, qui regroupe près de 850 associations et organismes de lutte contre l’exclusion, publie ce 2 août les résultats du baromètre 115. Du 10 juin au 10 juillet 2017, sur les 84 468 demandes d’hébergement effectuées dans 41 départements, seules 37% ont donné lieu à un hébergement. Ce qui correspond à environ un appel sur trois qui abouti à une solution.

Explosion du nombre de demandeurs d'hébergement

Les résultats montrent une situation explosive dans de nombreuses zones, avec une hausse des demandes d’hébergement particulièrement marquée à Paris (+9%), en Gironde (+52%) et dans les Bouches-du-Rhône (+29%) par rapport à l’été 2016. "Dans ce département, la situation est très inquiétante avec plusieurs centaines de personnes expulsées de campements et bidonvilles à Marseille, pour lesquelles aucune solution de relogement n’a été trouvée à ce jour, malgré des milliers de logements vacants", indique la Fédération.

"Face à l’urgence de la situation, la Fédération demande aux pouvoirs publics de trouver rapidement des solutions d’hébergement et de relogement dignes et durables pour les personnes actuellement à la rue, en mobilisant les bâtiments vides et les contingents de logements sociaux", poursuit-elle.

Les jeunes sont les premières victimes

Les jeunes âgés de 18 à 24 ans et les familles avec enfants sont les premières victimes du manque de places d’hébergement, surtout en cette période estivale. Les mises à l’abri, à l’hôtel ou dans des centres d’urgence sont de très courte durée en été (47% des solutions d’hébergement proposées aux familles n’étaient que pour une seule nuit). Les résultats de ce baromètre montrent un accroissement inquiétant du nombre de jeunes concernés (+17%) en sachant que plus de la moitié d’entre eux n’obtiennent jamais de réponses positives.

Les enfants, quant à eux, ne sont plus épargnés par les conditions difficiles de la vie à la rue. Entre le 10 juin et le 10 juillet 2017, selon les chiffres saisis par les associations gestionnaires de 115, un quart des demandes d’hébergement concernaient des mineurs (5.328 personnes mineures sur un total de 20 845 personnes).

"La vie à la rue est assi dangereuse l'été que l'hiver"

Chaque année, les associations de solidarité rappellent que "la vie à la rue est aussi dangereuse l’été que l’hiver avec des conséquences sociales et sanitaires dramatiques pour les personnes".

Face à l’urgence de la situation, la Fédération demande aux pouvoirs publics de trouver rapidement des solutions d’hébergement et de relogement dignes et durables pour les personnes actuellement à la rue, en mobilisant les bâtiments vides et les contingents de logements sociaux.

"A plus long terme, ces nouveaux résultats montrent que le système d’ouvertures et de fermetures de places selon les saisons ne fonctionne pas, et que c’est l’ensemble de la politique du logement en France qu’il faut redéfinir", conclut la Fédération des acteurs de la solidarité dans son communiqué.