Cancers pédiatriques : ouverture d'une enquête en Loire-Atlantique

Une enquête est ouverte à Sainte-Pazanne, en Loire Atlantique, suite à un excès de cas de cancers depuis 2015 chez les enfants et adolescents. A ce jour, 12 cas ont été recensés, dont trois mortels. 

Cancers pédiatriques : ouverture d\'une enquête en Loire-Atlantique
Cancers pédiatriques : ouverture d'une enquête en Loire-Atlantique (Crédits Photo : © Pixabay /Rudy and Peter Skitterians)

Au moins 12 cas de cancers pédiatriques en quatre ans. L’Agence Régionale de Santé (ARS) Pays de la Loire a annoncé le 29 mars 2019 saisir Santé publique France pour lancer une enquête épidémiologique suite à la survenue de plusieurs cas de cancers pédiatriques. Ces 12 cas, dont trois mortels, ont été recensés à Sainte-Pazanne en Loire-Atlantique depuis 2015.

Une première enquête lancée en 2017

Le premier signalement déposé à l’ARS date d’avril 2017 : il s’agissait alors de six cas de cancers pédiatriques, dont quatre cas de leucémies aiguës. Séverine Ragot, mère d’Elouan et membre du collectif "Stop aux cancers de nos enfants", en faisait partie. "Le lymphome de mon fils a été diagnostiqué en décembre 2016. Je n’avais alors pas connaissance des autres cas, mais quand nous nous sommes rendus compte que d’autres enfants étaient atteints dans notre commune, nous nous sommes dits qu’il ne s’agissait pas d’un hasard" nous confie-t-elle. La première investigation lancée par l’ARS conclut alors à "un excès de cas de leucémies sur deux ans parmi les enfants de moins de 15 ans, par rapport aux données observées au cours des années précédentes sur ce même secteur".

Puis, le 25 février 2019, trois autres cas sont rapportés sur le même secteur, dont deux leucémies aiguës. Le 1er avril 2019, trois nouveaux cas sont recensés, ce qui porte à 12 le nombre total d'enfants atteints. Depuis 2015, les enfants victimes de cancer sont âgés de trois à 19 ans, et à ce jour, trois d’entre eux sont décédés, les autres étant soit en rémission, soit encore sous traitement. Pour Elouan, "le lymphome n’a jamais pu être identifié avec précision", rapporte Séverine Ragot. Le diagnostic évolue en août 2017, lorsque "de nouvelles analyses évoquent une leucémie aiguë lymphoblastique". Mais malgré les traitements, "la rémission que nous attendions n’est jamais arrivée. Le 10 janvier 2018, nous avons appris qu’Elouan ne guérirait pas. Il est resté en soins palliatifs à la maison jusqu’au 5 mai 2018, date à laquelle il est décédé à l’âge de 11 ans" témoigne-t-elle.

Identifier les causes pour protéger la population

Les nouveaux cas de cancers pédiatriques enregistrés depuis 2017 justifient la reprise de l’enquête. La décision de l’ARS fait en effet suite à la demande de familles de la commune de 6.500 habitants, notamment à travers le collectif local "Stop aux cancers de nos enfants". Du côté de ce collectif, l’annonce de l’ouverture d’une enquête a été très favorablement accueillie : "Nous sommes très contents de cette annonce, il s’agit pour nous d’une première victoire. Nous sommes entendus, les choses vont avancer grâce à des investigations de terrain qui vont au-delà d’une simple enquête administrative" réagit Séverine Ragot.
A l’heure actuelle, ni le collectif ni l’ARS ne s'avancent sur les éventuelles causes de ce phénomène. La première investigation de l’ARS en 2017 avait conclu que "l’analyse des facteurs de risque environnementaux n’[avait] pas montré de cause prédominante". Mais les travaux de Santé publique France pourraient apporter de nouveaux éléments : "Nous espérons que l'enquête va permettre d’identifier une ou plusieurs causes probantes qui influeraient sur l’apparition de leucémies" souligne Séverine Ragot. "Cela ne ramènera pas mon fils, ni la joie de vivre que connaissaient ces familles avant les cancers. Mais identifier une cause avérée de ces cancers devrait permettre de protéger la population et en particulier les enfants" poursuit-elle, en témoignant du rôle citoyen de cette démarche.

Réponses à l’automne 2019, date à laquelle Santé publique France prévoit de rendre ses premières conclusions. En attendant, l’ARS, Santé publique France et la mairie de Sainte-Pazanne organisent une réunion publique le jeudi 4 avril dans la commune.