À Strasbourg, les fumeurs ne sont plus les bienvenus dans les parcs publics

L'interdiction de la cigarette dans tous les parcs de Strasbourg va être validée lundi en conseil municipal. Les fumeurs eux-mêmes y sont favorables, selon une enquête.

Un panneau informant de l\'interdiction de fumer dans les aires de jeux pour enfants
Un panneau informant de l'interdiction de fumer dans les aires de jeux pour enfants (MAXPPP)

La municipalité de Strasbourg (Bas-Rhin) va interdire à partir de lundi 25 juin la cigarette dans tous les parcs de la ville, rapporte France Bleu Alsace. Une première dans une grande ville française. La mesure doit être validée en conseil municipal. 

Depuis fin décembre, un parc, celui de la Citadelle, est déjà non-fumeur. À la suite de cette expérimentation, une enquête a été menée par la ville de Strasbourg. Les résultats sont nets : 71% des non-fumeurs et 57% des fumeurs sont favorables à l'interdiction de fumer dans l'ensemble des parcs.

De la pédagogie avant la répression

La ville de Strasbourg assure que dans un premier temps, les fumeurs ne seront pas verbalisés. Priorité au dialogue : "On va créer des médiateurs santé spécifiques pour la question du tabac qui vont aller dans ces parcs. Quand les gens vont fumer, ils vont essayer de discuter avec eux", détaille Alexandre Feltz, l'adjoint au maire de Strasbourg en charge des questions de santé. "On sait que ces interventions brèves de quelques minutes peuvent avoir un effet. le fait de rencontrer des gens formés qui vont vous accompagner ce sont des leviers" pour arrêter de fumer.

Moi je respecte beaucoup les fumeurs, je ne veux pas les stigmatiser, je veux stigmatiser le tabac, clairementAlexandre Feltzfranceinfo

Un enjeu de santé publique

Les premières amendes seront adressées à partir du 1er janvier 2019 : 68 euros pour ceux qui fumeront ou jetteront leur mégot dans un parc. Alexandre Feltz parle d'une "urgence sanitaire. Il est temps que la France ait une vraie politique anti-tabac. Les contraintes vont amener les personnes à s'interroger sur l'arrêt." 

L'adjoint au maire en charge des questions de santé évoque aussi "une urgence environnementale", car "un mégot de tabac pollue 500 litres d'eau et reste 12 ans sur l'espace public. Il y a des éléments cancérigènes et des perturbateurs endocriniens. L'eau va passer dans ce filtre et être contaminée".

Alexandre Feltz réclame du "courage politique" pour faire diminuer drastiquement le nombre de fumeurs. "On ne peut pas rester à ces 26-27 % de fumeurs alors que d'autres pays qui ont eu vraiment cette volonté sont aujourd'hui à 15 %", a-t-il conclu.