La cigarette électronique "potentiellement cancérogène", selon "60 millions de consommateurs"

Elle n'est "pas si inoffensive" que vous pouvez le croire, d'après les tests du magazine.

Un homme fume une cigarette électronique, lors d\'une manifestation contre une taxe de 58,5% sur ce produit, à Rome (Italie), le 9 juillet 2013.
Un homme fume une cigarette électronique, lors d'une manifestation contre une taxe de 58,5% sur ce produit, à Rome (Italie), le 9 juillet 2013. (ALBERTO PIZZOLI / AFP)

Vapoter est-il aussi dangereux que fumer ? Ce n'est pas ce que dit 60 millions de consommateurs. Toutefois, selon le magazine, les cigarettes électroniques "ne sont pas aussi inoffensives" que le disent leurs fabricants et "peuvent émettre des composés potentiellement cancérogènes", tout comme les cigarettes classiques. Dans son numéro de septembre 2013, 60 millions de consommateurs a testé une dizaine de modèles, jetables ou rechargeables.

"Les cigarettes électroniques sont loin d'être les gadgets inoffensifs qu'on nous présente. Ce n'est pas une raison pour les interdire. C'est une raison pour mieux les contrôler", écrit Thomas Laurenceau, rédacteur en chef de la publication éditée par l'Institut national de la consommation (INC). Voici ce que le magazine révèle sur les e-cigarettes.

Une sécurité et un étiquetage douteux

Constatant un étiquetage non conforme au contenu de certains produits, l'INC a alerté les autorités. Thomas Laurenceau dénonce en outre l'absence de bouchon de sécurité sur certaines recharges, alors que la nicotine est particulièrement toxique pour les petits. Ingérées, des doses élevées de certains produits contenus dans des cigarettes électroniques peuvent tuer un enfant, souligne-t-il.

Le magazine relève aussi que la dose de nicotine des recharges liquides ne correspond pas toujours à ce qui est mentionné, avec des teneurs inférieures dans tous les cas. Autre défaut d'étiquetage : des produits annoncés "sans" propylène glycol qui en contiennent ou des fabricants qui "oublient" de mentionner sa présence. "Le Code de la consommation pourrait encadrer la véracité de l'étiquetage et imposer un bouchon de sécurité", suggère Thomas Laurenceau.

Presque autant de formol que dans les cigarettes

La revue affirme avoir décelé, grâce à une méthode inédite, des "molécules cancérogènes en quantité significative" dans les vapeurs d'e-cigarettes, qui, selon elle, n'avaient jamais été mises en évidence jusque-là. "Ainsi, dans trois cas sur dix, pour des produits avec ou sans nicotine, les teneurs en formaldéhyde (couramment dénommé formol) relevées flirtent avec celles observées dans certaines cigarettes conventionnelles."

De l'acroléine et de l'acétaldéhyde

Egalement décelée, l'acroléine, une molécule très toxique, émise en quantité très significative par l'E-Roll (une des marques de cigarettes électroniques testées) et "à des teneurs qui dépassent même parfois celles que l'on peut mesurer dans la fumée de certaines cigarettes". Ceci vraisemblablement en raison d'un dispositif qui chauffe trop vite. Quant à l'acétaldéhyde (ou éthanal), classé cancérogène possible, les teneurs relevées, parfois loin d'être négligeables, restent très inférieures à celles observées dans les cigarettes de tabac.

Du nickel, du chrome et de l'antimoine

Des traces de métaux "potentiellement toxiques" ont été détectées dans Cigartex, qui libère autant de nickel et de chrome qu'une vraie cigarette, et dans la Cigway jetable, qui libère plus d'antimoine.