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Vers une baisse de la rémunération du Livret A

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L'INSEE a communiqué jeudi matin le niveau d'inflation sur un an au mois de juin (+0.9%). C'est sur ce chiffre que le gouvernement va se baser pour déterminer le taux de rémunération du Livret A et du Livret de développement Durable au 1er août prochain.
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Radio France
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Il semble évident que les taux de rémunération du livret A et du livret de Développement Durable vont baisser après l'annonce jeudi d'une inflation de 0,9% sur un an. Si la règle de les indexer sur l'inflation était strictement respectée, on tomberait donc à 1%. Mais c'est le gouvernement et la Banque de France qui décident. Ils trancheront fin juillet avant d'annoncer la couleur pour le 1er août. Le taux de rémunération du Livret A est aujourd'hui d'1,75%. On devrait selon toute logique descendre entre 1 et 1,5%, c'est un sujet politiquement sensible car on parle là d'épargne populaire.

***Un rapport publié mercredi montre la difficulté de manier ce type d'épargne très prisée par les Français *

Premier constat établi par l'Observatoire de l'Epargne Réglementée : le relèvement des plafonds du Livret A et du LDD (Livret de développement Durable) a profité surtout aux ménages aisés. Conformément aux engagements de campagne de François Hollande, depuis octobre, le plafond du Livret A a été relevé de 25% à 22.950 euros, celui du LDD a été doublé à 12.000 euros. Effet immédiat : la collecte de ces deux produits d'épargne a gonflé de 37 milliards sur le seul dernier trimestre 2012. Au total, à ce jour, 360 milliards d'euros de nos économies sont placées sur ces 2 livrets.

Les ménages modestes ont très peu contribué à ce mouvement d'autant que le relèvement des plafonds est intervenu en même temps qu'un renforcement de la fiscalité sur les autres produits financiers commercialisés par les banques. Il y a donc eu un transfert d'épargne pour ceux qui en avaient les moyens.

D'où le déséquilibre évoqué par l'Observatoire de l'épargne

Les sommes sorties des grandes banques commerciales et qui se reportent sur les livrets défiscalisés, sont autant d'argent en moins injecté dans l'économie, pour financer les entreprises par exemple. Concrètement, entre octobre 2012 et mars 2013, les banques ont vu leurs ressources clientèle diminuer de 11 milliards d'euros, au moment de l'application des nouvelles normes prudentielles internationales qui obligent les établissements financiers à renforcer leurs fonds propres (ce sont les fameux Accords de Bâle III).

Du coup, le gouvernement envisage un plan B

Cela ne serait pas une solution de remplacement mais une compensation. Pour combler ce transfert d'épargne, les banques auraient obtenu de récupérer entre 10 et 15 milliards d'euros de la part de la Caisse des Dépôts qui gère le Livret A. Selon certaines informations, un projet de décret en ce sens pourrait être prochainement soumis au Conseil d'Etat.

Pour l'instant, Bercy ne fait aucun commentaire mais, entre le relèvement du plafond qui a profité aux ménages aisés et ces 15 milliards de rétrocession aux banques, tout cela apparaît comme une affaire de gros sous qui n'arrangera pas la communication gouvernementale. La réalité des grands équilibres économiques a rattrapé l'idéal politique.

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