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François Hollande en Chine, visite de haute diplomatie économique

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François Hollande est arrivé cette nuit en Chine pour une visite de 2 jours (37 heures précisément). C'est la première fois depuis son élection que le Président se rend dans l'Empire du Milieu. Sa visite a deux objectifs : rééquilibrer les échanges commerciaux et renforcer les relations diplomatiques entre les deux pays.
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Radio France
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A défaut de marcher dans les pas de Nicolas Sarkozy qui avait effectué, en tout et pour tout, 2 voyages officiels en Chine, François Hollande va surtout essayer de recoller les morceaux. De l'avis de nombreux observateurs, un climat détestable s'était installé entre Paris et Pékin lorsqu'après la moisson de contrats de  20 milliards d'euros décrochés en 2008, le précédent locataire de l'Elysée s'était tourné vers le Tibet et pris la défense du Dalaï Lama. Casus belli aux yeux de Pékin... avec les chinois, une amitié trahie ne pardonne pas... s'en est suivi une période difficile y compris pour les entreprises françaises implantées localement : projets bloqués ou activité entravée par le non dédouanement volontaire de containers, pour ne citer que ces deux exemples concrets. Face au mastodonte chinois, la France a toujours perdu lorsqu'elle a voulu se placer en donneuse de leçon sur les droits de l'homme... elle ne sera jamais efficace en agissant seule.

La France veut également rattraper l'Allemagne qui a une longueur d'avance dans ses relations commerciales avec Pékin !

Si elle veut y parvenir, il va falloir mettre les bouchées doubles. Première visite pour François Hollande... 2 pour Nicolas Sarkozy... la chancelière allemande, Angela MERKEL, est allée à Pékin SIX fois en six ans. On mesure le terrain qu'il nous faut regagner... le message vaut aussi pour Martine AUBRY, nommée ''diplomate économique de la France en Chine'', qui ne devra pas ménager sa peine et remettre sans cesse l'ouvrage sur le métier. En réalité, les 60 patrons qu'emmène François Hollande pendant deux jours attendent de nos dirigeants politiques qu'ils déblaient le terrain le plus souvent et le plus efficacement possible... pour le business, ils savent prendre le relai.

Enfin, il y a la question de la guerre des monnaies avec le yuan (monnaie sous-évaluée qui favorise les exportations chinoises)... le sujet sera-t-il abordé ?

Probablement pas. Certains visiteurs du Chef de l'Etat l'auraient convaincu de ne pas aborder cette question désormais secondaire à leurs yeux. Depuis janvier 2005, le taux de change réel du Yuan s'est apprécié de 50% face au dollar et à l'euro. Le sujet économique auquel les dirigeants chinois sont aujourd'hui sensibles est la question de la compétitivité. Eux aussi... au point qu'ils délocalisent des pans entiers de leur activité vers d'autres pays d'Asie comme le Vietnam, la Malaisie. Jusqu'à hier soir, contrairement au 13ème des 60 engagements de campagne de François Hollande sur la réorganisation du système mondiale international... jusqu'à hier soir donc, la question du Yuan n'était pas inscrite à l'ordre du jour de ce premier déplacement présidentiel, court (37 heures vous l'avez dit), mais, on le voit, très diplomatique.

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