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De la Grèce à l'Ukraine, pas de répit pour les finances européennes

Les hauts représentants de la Troïka (UE, BCE, FMI) sont de retour à Athènes. Après 2 mois d'absence, ils ont repris hier l'examen des comptes du pays en vue du déblocage d'une nouvelle aide. Cela intervient au moment où l'Ukraine en appelle à son tour aux financements internationaux. En apparence, les deux sujets n'ont aucune relation, si ce n'est qu'ils annoncent, selon vous, un printemps financier européen très tendu.

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La vie est tout sauf un long fleuve
tranquille pour l'Europe. Après 5 à 6 ans de crise économique aigüe, et alors
que Bruxelles pensait pouvoir respirer un peu, l'Ukraine s'est invitée en
quelques heures à la table de travail des 28 pays membres. Voilà de nouveau les
responsables européens obligés de sortir leur calculette et reparler gros sous.
Car Kiev prévient : il lui faut au bas mot 25 milliards d'euros pour
pouvoir passer 2014 et 2015 sans trop de difficultés. Nouveau sujet de
préoccupation pour l'Europe donc... quant à la Grèce, elle n'a pas fini de nous
donner des sueurs froides.

Il se dit pourtant que le pays va un
peu mieux sur le plan économique, notamment grâce au tourisme...

Sa balance des comptes courants
affiche pour 2013 un excédent, certes léger mais bien réel, d'1 milliard 200
millions d'euro. Le premier excédent budgétaire depuis 1948. Avec 17 millions
de visiteurs et touristes accueillis l'an dernier, 12 milliards d'euros sont
entrés dans l'économie grecque. Cela est très encourageant... mais voilà que
l'on parle maintenant des " subprimes " à la grecque. On croyait
s'être débarrassés de ces sales bêtes qui avaient fait leur apparition en 2008
aux Etats-Unis en plongeant dans la panade des millions d'américains modestes
avant de propager leur onde de choc à l'ensemble de l'économie mondiale. Et
bien non... cette fois, ils sont à notre porte !

Les subprimes... on rappelle rapidement
de quoi il s'agit...

Ce sont des emprunts risqués,
généralement proposés à des clients non solvables. Selon les associations
créées pour venir en aide aux ménages surendettés en Grèce, il y aurait
actuellement dans le pays plus de 2 millions de prêts non remboursés (800.000
prêts à la consommation, 100.000 prêts à des PME, plusieurs centaines de
milliers de prêts immobiliers, sans compter près d'1 million de cartes de
crédit dont les échéances ne seraient plus honorées depuis plusieurs mois). Une
véritable petite bombe susceptible d'exploser au moment où le pays, nous venons
de le voir, commence à relever la tête péniblement.

De quelle manière cela pourrait se
traduire concrètement ?

Les banques ont deux solutions :
soient elles passent l'éponge et font le dos rond, mais cela est peu probable
car elles viennent justement de faire savoir qu'elles aussi ont besoin
d'argent : 5 milliards d'euros pour continuer de mener à bien leur
restructuration. Soit, deuxième solution, elles vendent aux enchères les biens
des grecs dont les prêts sont gelés ou non remboursés (ce qui s'était passé aux
Etats-Unis à la fin des années 2000). C'est dans ce contexte que la Troïka est
repartie au charbon hier à Athènes. De la Grèce à l'Ukraine, on voit mal
comment l'Europe va pouvoir gérer sereinement ces deux fronts à la fois.

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