Tribunal de commerce : quand les patrons jouent leur avenir

Les commerces de centre-ville lancent un appel au secours : un rapport confirme l'accélération des fermetures de boutiques. Les acteurs du secteur réclament un plan d'aide d'urgence, car c'est au tribunal de commerce que se gèrent les difficultés.

FRANCE 2

Sous ses abords austères, c'est la maison de la dernière chance. Redressement, liquidation, cession. Au tribunal de commerce de Chartres (Eure-et-Loir), les patrons jouent leur dernière carte. Comment en arrivent-ils là? Quelles solutions lorsqu'on fait faillite? Exceptionnellement, nous avons pu assister aux audiences pour voir comment le tribunal décide qu'une entreprise ferme ou renaît. Devant la cour ce jour-là, pas vraiment des patrons du CAC 40. À 27 ans à peine, Jérôme Renard, boulanger, vient fermer boutique. "Le four vient de lâcher, donc un four en boulangerie, même d'occasion, ça coûte déjà plus de 20 000 euros pour avoir un four valable. Donc réinvestir 20 000 euros dans un village de 400 habitants... Il n’y a pas trop le choix", se désole-t-il.

Audience à huis clos

Jérôme vient demander une liquidation judiciaire, qui permettrait de fermer l'entreprise et d'effacer ses dettes. L'audience se tient à huis clos. Pour rendre la justice, trois juges consulaires. Ce ne sont pas des professionnels du droit, mais des chefs d'entreprise bénévoles élus pour quatre ans. Avec eux, un greffier, et un représentant de l'État, le procureur. Après trois ans d'efforts, il n'a pas réussi à faire vivre sa boulangerie, pourtant la seule à dix kilomètres à la ronde. L'année dernière en France, 57 844 entreprises ont connu une liquidation, un redressement, ou une sauvegarde devant un tribunal comme celui-ci.

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Un avocat au tribunal (Photo d\'illustartion)
Un avocat au tribunal (Photo d'illustartion) (MAXPPP)