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Nouveau monde. 5G : la France sera-t-elle à l’heure ?

C’est parti pour la 5G. Le gouvernement a donné le coup d’envoi pour l’achat des fréquences et fixé le prix de départ des enchères.

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Signalétique 5G sur un stand au salon Mobile World Congress de Barcelone, février 2019
Signalétique 5G sur un stand au salon Mobile World Congress de Barcelone, février 2019 (JÉRÔME COLOMBAIN / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

La 5G, c’est d’abord une histoire de gros sous. Avant de pouvoir déployer dans le pays cette technologie de 5e génération pleine de promesses, les opérateurs doivent d'abord passer à la caisse afin d’acquérir des fréquences radio. Ces précieuses fréquences sont un bien commun rare et l'État les vend donc au compte-goutte et à prix d’or. Le prix plancher vient d’être fixé à 2,17 milliards d’euros pour un spectre total de 310 Mhz.

C’est un beau gâteau qui va maintenant être découpé en plusieurs parts. Pour commencer, chacun des quatre opérateurs (Orange, SFR, Free et Bouygues) aura droit à un bloc de 50 Mhz pour 350 millions d’euros. Ensuite, si l’on fait le calcul : 50 Mhz x 4 = 200 Mhz. Il reste donc un paquet de 110 Mhz qui, lui, sera mis aux enchères par blocs. Ces enchères devraient avoir lieu en mars 2020.

Plus cher que prévu, selon les opérateurs

Ce prix fait tiquer les opérateurs qui s’attendaient à moins cher. L’ARCEP avait préconisé au maximum 1,5 milliard mais Bercy a choisi de mettre mis le curseur légèrement au-dessus, car il est évidemment tentant de profiter de cette manne pour alimenter les finances publiques.

Cependant, les opérateurs ne sont pas tous richissimes et ils sont tous moins riches qu’il y a quelques années, du fait de l’effondrement des prix du marché dû notamment à l’arrivée de Free. En plus, l’État leur demande par ailleurs de maintenir les investissements pour déployer la 4G et la fibre dans le cadre du plan "très haut débit pour tous" et du New Deal télécom conclu l’an dernier.

Certes, 2,17 milliards cela reste bien moins cher qu’en Allemagne ou en Italie, où les fréquences sont parties pour 6,5 milliards d’euros. Mais, déjà, rappelons qu’il s’agit d’un prix plancher, un prix de réserve, qui servira juste de point de départ. Ensuite, si les opérateurs doivent dépenser des fortunes, au bout de l’histoire, ils risquent de le faire payer aux consommateurs.

La 5G, quand et pour quoi faire ?

La 5G, ce n’est donc pas pour tout de suite. Pas avant fin 2020 pour les premiers sites et un déploiement vers 2022 à 2025. Pour l’instant, la France n’est pas encore en retard mais elle doit se dépêcher si elle compte en faire un avantage industriel. Au niveau mondial, la Corée est loin devant, les États-Unis arrivent en deuxième place, mais avec seulement quelques villes équipées. En Europe, Selon l’IDATE, la Grande-Bretagne est en tête, suivie de l’Espagne. La 5G est une course, et une course d’obstacles.

Pour la première fois dans l’histoire des télécoms, cette nouvelle génération de télécommunication mobile n’est pas destinée en priorité aux smartphones et aux particuliers mais aux entreprises. On rappelle la longue liste des applications possibles mises en avant par les opérateurs : objets connectés, santé, médecine, usines du futur, logistique, agriculture, voitures autonomes, robotique, etc.

Signalétique 5G sur un stand au salon Mobile World Congress de Barcelone, février 2019
Signalétique 5G sur un stand au salon Mobile World Congress de Barcelone, février 2019 (JÉRÔME COLOMBAIN / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)