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Sur les traces d'Alexandre le Grand

Agnès Géminet n'avait que deux mois pour réaliser son projet, suivre les traces d'Alexandre le Grand, mais elle a quand même pris le temps de le faire... à vélo.
Article rédigé par Régis Picart
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Franceinfo (Franceinfo)

Agnès Géminet
est une toute jeune étudiante en sciences politiques. Lorsqu'elle part l'année
dernière, elle n'a que 21 ans. Alexandre le Grand la fascine parce que,
dit-elle, la route qu'il a tracée, interculturelle, est plus que jamais dans
l'actualité, entre Orient et Occident, mais aussi parce qu'il est parti jeune,
avec un esprit d'aventure et qu'au-delà de la conquête, il a cherché à
s'imprégner de tout ce qu'il rencontrait. Agnès se rend d'abord à Beyrouth où
elle achète un vélo, chose difficile dans une ville où il y a plus de voitures
que d'habitants. Puis elle prend la direction du sud, remonte vers le nord,
obligée de faire du bateau stop pour contourner la Syrie. Elle traverse ensuite
la Turquie de long en large, d'est en ouest. Un voyage que la jeune femme peut concrétiser
grâce à la bourse Zellidja et pour lequel elle vient de recevoir le "Prix
des premiers pas de l'aventure" au Grand Bivouac d'Albertville.

Equipée d'une
simple bâche et d'un duvet, Agnès Géminet pensait dormir à la belle étoile. Au
Liban, cela ne lui est arrivé que deux fois, l'accueil a toujours été chaleureux.
On se disputait pour la recevoir, la présenter à toute la famille, partager les
repas.

Sur la route,
par 40, jusqu'à 50°C, l'effort est très physique, surtout quand il faut grimper
des pentes à 10%. En Turquie, la cycliste peut faire 130 kms par jour. Et puis
arrive Istanbul et en plein cœur de la ville, au pied de Sainte Sophie, Agnès
Géminet se pose parmi les réfugiés qu'elle a déjà croisés sur la route. Ils
viennent de Géorgie, d'Arménie, du Maghreb ou d'Iran, sans doute de Syrie. Certains
d'entre sont sur le chemin de l'exode depuis plusieurs années. Ils espèrent une
vie meilleure en Europe.

C'est avec
eux qu'Agnès Géminet choisi de s'installer pour terminer son périple...

 "Ce qui était un
petit peu le même dans toute la Turquie c'est que, chaque fois, j'étais reçue
par les gens qui étaient parfois les plus humbles. C'est ce qui m'a le plus
marquée, parce qu'on m'a prise plusieurs fois pour une Turque, comme j'étais
avec eux. Et à Istanbul, du coup, c'était pareil. J'étais avec les sans-abris
mais qui partageaient tout, qui m'ont accueillie. On se mangeait deux kilos
d'abats pour cinq par jour. Ils me prêtaient des cartons. Je pense que c'est
l'aspect qui m'a le plus touchée, c'est les plus belles rencontres que j'ai
faites, chaque fois c'était avec des gens qui voulaient vraiment m'aider parce
qu'ils voyaient que je... enfin, ils me trouvaient sale. Forcément par 50°C avec
100 bornes par jour, on est un petit peu sale mais ils voulaient vraiment
m'aider. C'est eux qui m'apportaient le plus, je pense, au final."

 Après une
semaine à Istanbul, Agnès Géminet revend son vélo qui a tenu bon et c'est en
stop, en camion, qu'elle rentre tranquillement en France. Aujourd'hui, elle ne
pense qu'à repartir, toujours à vélo, mais en se donnant du temps cette fois,
trois ans pour un tour du monde.

 

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