Le vrai du faux, France info

Le vrai du faux. L'Islande est-il le premier pays à rendre illégale l'inégalité salariale ?

Antoine Krempf passe au crible des faits repérés dans les médias et sur les réseaux sociaux. Mardi 9 janvier, l'annonce d'une première mondiale en Islande.  

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. (RADIO FRANCE / CAPTURE D'ECRAN)

Depuis quelques jours, des dizaines d'articles de presse annoncent que "l'Islande est devenu le premier pays au monde à rendre illégales des inégalités de salaires entre hommes et femmes".

Sauf que... 

L'égalité salariale entre les hommes et les femmes en Islande est inscrite dans la loi depuis... 1961. A l'époque, il s'agissait de réaliser des augmentations de rémunération pour arriver à une égalité salariale en 1967. Raté, aujourd'hui encore, les Islandaises touchent environ 15% de moins que les hommes à travail égal.

D'ou, et ça c'est vrai, une nouveauté : depuis le début de l'année, toutes les entreprises islandaises de plus de 25 salariés et les administrations publiques devront subir un audit et obtenir un certificat prouvant qu'à travail égal, les femmes touchent autant que les hommes. En cas de manquement, c'est une amende qui peut aller jusqu'à 400 euros maximum.

Quant au côté "première mondiale", d'autres pays ont une législation qui interdit l'inégalité salariale entre hommes et femmes. En France, la loi remonte au 22 décembre 1972. Le texte affirme que "tout employeur est tenu d'assurer, pour un même travail ou pour un travail de valeur égale, l'égalité de rémunération entre les hommes et les femmes". En cas de manquement à ce principe, l'entreprise encourt une amende de 1 500 euros pour chaque cas où des femmes seraient moins bien payées qu'un homme à travail égal.

Mais là aussi, la loi ne suffit pas. L'écart de salaire médian en France est encore d'environ 10% aujourd'hui. Depuis un peu plus de trois ans, une nouvelle loi impose aux entreprises de plus de 50 salariés de faire un diagnostic sur les inégalités de salaire et d'y mettre un terme le cas échéant. Et là aussi il y a des sanctions à la clé. Au dernier bilan, une centaine d'entreprises ont été condamnées sur la base de ce texte.

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