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"Le diesel fait 42.000 morts en raison des particules fines" ?

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D'après le sénateur écologiste Jean-Vincent Placé, "le sujet diesel, c'est extrêmement nocif pour notre santé : 42.000 morts par an en particulier en raison des particules fines".
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 (Jean-Vincent Placé dit-il vrai sur le nombre de morts en raison des particules fines © Maxppp)

D'abord, le diesel n'est pas le seul à emettre des particules fines. Il faut parler du transport routier en général mais aussi de l'industrie et du chauffage.

D'après une étude de l'association Citepa, le transport routier représente 17% des émissions des particules PM2.5 en France métropolitaine (chiffres 2012) quand le "résidentiel/tertiaire" est responsable de 48% des élmissions et 22% pour l'industrie manufacturière. 

Un chiffre ancien

Maintenant sur le chiffre de "42.000 morts", il s'agit d'une estimation qui n'est valable que pour le début des années 2000. Il provient d'une étude plubliée il y a 10 ans par la Commission européenne pour lutter conte la pollution de l'air. Etude qui dit précisément ceci : 42090 personnes de moins de trente ans seraient mortes prématurément en l'an 2000 en raison des particules fines. Le chiffre avancé par Jean-Vincent Placé existe bien mais il s'agit donc d'une estimation qui remonte à une quinzaine d'années.

Hausse du risque en fonction de la concentration

Reste à savoir comment déterminer ce nombre de morts prématurées. Risques de cancer de poumon, problèmes respiratoires, les effets néfastes de la pollution atmosphériques sont connus. Mais comment déterminer si une mort prématurée est directement ou uniquement liée aux particules fines ? Pour le déterminer, les chercheurs ont repris une étude menée dans les années 80 aux Etats Unis auprès d'un million d'Américains. Elle a montré que quand la concentration des particules fines augmente de 10 microgrammes par mètre cube d'air, le risque de mortalité grimpe de 6%. Les experts européens ont donc appliqué ce taux aux relevés de particules fines pour aboutir aux 42.000 morts pour l'année 2000.

Baisse de l'espérance de vie

De son côté, l'Institut de veille sanitaire a relayé il y a trois ans une autre étude européenne sur l'impact sanitaire des particules fines. Le document explique que si on ramenait le taux de particules fines aux taux recommandés par l'Organisation mondiale de la santé, les trentenaires qui vivent dans les neuf plus grandes villes de France gagneraient entre 3,5 et 7,5 mois d'espérance de vie. Par ailleurs, l'abaissement de ce taux permettrait d'éviter quelque 2.900 morts prématurées par an.

Chiffres de l'association Citepa sur les émissions de particules depuis 1990

Etude Aphekom sur l'impact de la pollution atmosphérique dans 25 villes européennes 

Les chiffres sur les morts prématurés publiés en 2005 par la Commission européenne 

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