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La CGT dit-elle vrai sur le fret à la SNCF et la concurrence ?

Le secrétaire général de la CGT cheminots Gilbert Garel affirme qu’en 2006 au moment de l’ouverture du fret à la concurrence, la SNCF transportait "55 milliards de tonnes-kilomètres, contre moins de 30 milliards aujourd’hui". Vrai ou faux ? Réponse ici.
Article rédigé par Gérald Roux
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min
  (Banderole CGT le 22 mai 2014©MAXPPP)

Faux

C'est faux sur les chiffres et les dates. Et puis, il est réducteur de mettre la baisse du fret uniquement sur le dos de l'ouverture à la concurrence.

Dates et chiffres

Pour le fret SNCF, c'est en l'an 2000, et non en 2006, que les volumes atteignaient 55 milliards de tonnes-kilomètres. Ensuite, récemment, le volume est tombé bien en dessous de 30 milliards… à 21 milliards de tonnes-kilomètres seulement, en 2012. Cela signifie que le volume de marchandises transportées par la SNCF s'est contracté de 62% en 12 ans.

Concurrence

C'est bien en 2006 que l’ouverture à la concurrence s’est opérée pour les marchandises transportées à l'intérieur du territoire français. Conséquence, les concurrents de la SNCF ont capté un tiers du marché du fret depuis 2006. Mais avant 2006, la baisse était déjà forte.  

Un déclin de longue date  

En fait, le fret va mal depuis longtemps en France. Un rapport du  Sénat en 2010 rappelait qu’en 1950, les deux tiers des marchandises transportées en France passaient par le rail. En 2012, c'est seulement 10%. Les marchandises en France passent actuellement à plus de 87% dans les camions. Le transport routier a fait un bond énorme depuis l'an 2000. 

Explications multiples

Le rapport du Sénat avançait plusieurs explications. La désindustrialisation de la France. Moins de produits fabriqués sur le territoire, c’est moins de produits transportés. Ensuite, les ports français sont en déclin. Moins de marchandises arrivant par la mer, moins de marchandises sont transvasées sur les trains à partir des ports. Le réseau ferroviaire a été mal entretenu et insuffisamment  équipé. Par ailleurs, il n’y a assez de conducteurs de locomotives dans le fret et les coûts de personnels sont plus élevés que chez les concurrents de la SNCF.   

La route meurtrière pour le fret

Enfin, la route est terrible pour le fret. Le rapport du Sénat juge les camions plus fiables, moins coûteux et plus souples sur les distances courtes et moyennes. Il rappelle que les délais sont en général bien respectés par les poids-lourds malgré les aléas de la route, que sont les bouchons ou les accidents de la route.

 

 

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