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Bernard Cazeneuve dit-il vrai sur les prélèvements sur l'épargne ?

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Après la reculade du gouvernement sur les PEA, PEL et CEL, le ministre du Budget Bernard Cazeneuve accuse la droite d'avoir elle-même fortement augmenté ces prélèvements. "Au cours de la période 2010-2012, les taux de prélèvement sur l'épargne sont passé de 11 à 15,5%". Vrai ou faux ? Réponse ici.
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Radio France
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Faux

Le gouvernement Fillon a augmenté les prélèvements sur l'épargne, mais pas de manière aussi forte que ce qu'affirme  Bernard Cazeneuve. Entre 2010 et 2012, on est passé 12,1% à 15,5%. Ce qui représente malgré tout hausse importante.

Première hausse en 1996

Il ne s'agit pas d'impôts, mais de prélèvements sociaux qui servent à faire fonctionner notre système social. Ces prélèvements s'appellent CSG, CRDS, CAPS... Ils n'ont cessé d'augmenter depuis 1996.

Avant cette date, il n'a avait pas de prélèvement sociaux sur l'épargne. Tout a commencé le 1er janvier 1996 avec un taux de prélèvement de 0,5% qui correspond à la mise en place de la CRDS, la Contribution au remboursement de la dette sociale afin de rembourser l'énorme dette de la sécurité sociale évaluée à l'époque entre 30 et 40 milliards d'euros.

Hausse non stop

Ensuite, les différents gouvernements vont ajouter d'autres prélèvements. Dés 1997, la CSG s'applique elle-aussi sur les produits d'épargne. La Contribution sociale généralisée est là pour financer le budget de la sécu au quotidien. CSG + CRDS : les produits d'épargne sont désormais taxés à 3,9%.
 
Mais on ne va pas s'arrêter là. En 1998, 2004, 2005, le taux de la CGG va considérablement augmenter (il monte jusqu'à 8,2%) sur les produits d'épargne. On atteint un taux total de prélèvement de 10% en 2005 car d'autres prélèvements arrivent. Un prélèvement spécial canicule en 2004, à la suite de la canicule de 2003 et ses conséquences pour les personnes âgées, puis un prélèvement RSA pour la mise en place du Revenu de solidarité active, un prélèvement social de 4,5% et un prélèvement de solidarité de 2%. Le taux global de 15,5% est atteint en 2012.  

Pour conclure, on peut dire qu'on est passé d'une tarte fine assez légère en 1996 à bon gros mille feuilles que les épargnants ont aujourd'hui plus de mal à digérer.

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