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Vers une nouvelle crise grecque ?

A l’appel des syndicats une grève générale a débuté hier en Grèce pour dénoncer les réformes que le parlement doit voter demain. Réformes des retraites et de la fiscalité exigées par l'Europe et le FMI en échange du versement d'une nouvelle tranche d'aide. Près d'un an après la crise qui a failli provoquer la sortie du pays de la zone euro, la Grèce est à nouveau au bord de l'asphyxie financière.

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Depuis la crise de l'été dernier, rien n’est réglé entre la Grèce et ses créanciers. Petit retour en arrière.

Au bord du défaut du paiement, incapable de rembourser ses dettes auprès du FMI sans un nouveau plan d'aide internationale, en juillet 2015, Athènes avait accepté après des mois de négociations extrêmement tendues et un référendum, une énième salve de mesures d'austérité en échange d'un soutien financier de l' Europe et du Fonds Monétaire International de 86 milliards d'euros.

Cela dit, ces 86 milliards ne sont pas versés en une fois à la Grèce mais par tranche.

Athènes n'a d'ailleurs pas reçu d'aide financière depuis décembre dernier et recommence donc à manquer d'argent.

Or, dans quelques semaines, en juillet, le pays doit rembourser 5 milliards à la Banque Centrale Européenne et au FMI.

Pour payer cette dette, le gouvernement d'Alexis Tsipras a absolument besoin du versement d'une nouvelle tranche d'aide, sauf que les créanciers ne le feront, que si les réformes promises par Athènes sont bel et bien mises en œuvre. C'est d'ailleurs tout l'objet de l’Eurogroupe qui doit se tenir lundi.

Et bien là encore, rien n'est simple, les négociations buttent depuis des mois, sur ce que les fonctionnaires européens appellent "la revue", autrement dit l'évaluation de ces réformes.

La question cruciale de cette dette insoutenable n'est toujours pas abordée de front.

On en est au troisième plan d'aide internationale et la Grèce a toujours besoin de l'argent de l'Europe et du FMI pour rembourser ce qu'elle doit...à l'Europe et au FMI.

Une aide qui n’est donc réinjectée ni dans le budget de l’état, ni  dans l’économie. Et ça, c'est une étude publiée il y a quelques jours dans la presse allemande qui le démontre.

D'après cette étude, 95 % de l’aide versée à la Grèce serait en fait retournée aux banques et aux créanciers du pays.

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