Aéroports régionaux : ça redécolle mais l'horizon reste incertain

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Certains aéroports de proximité en France voient leur fréquentation décoller ou redécoller. Les aéroports français se requinquent de la crise du Covid.

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Radio France
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Un avion au-dessus de la Normandie. Les aéroports régionaux redressent la barre après la crise du Covid, mais des incertitudes obscurcissent l'avenir proche. (JON LOVETTE / PHOTODISC / GETTY IMAGES)

Les aéroports régionaux ont enregistré des hausses de trafic, avec pour certains, un retour à la fréquentation d'avant la crise du Covid. 

franceinfo : Le trafic passager mensuel affiche un taux comparable à celui de 2019 ? 

Grégoire Lecalot : Oui, et on décolle pour Brest. Mais on ne va pas plus loin que l'aéroport : pourquoi Brest ? Parce qu'il illustre bien la tendance en cette fin d'année : les aéroports français se requinquent de la crise du Covid. À Brest, la fréquentation a augmenté de 31% cette année. Et l'aéroport devrait atteindre les 800.000 passagers au 31 décembre.

Cela reste encore inférieur à la période d'avant la pandémie, quand le premier aéroport de Bretagne voyait défiler 1,2 millions de passagers, mais le congrès de l'union des aéroports français l'a démontré hier : la dynamique de rattrapage est bien là. Et pas seulement pour les géants comme Roissy Charles de Gaulle ou Orly. Nice, le premier aéroport hors plateformes parisiennes, est remonté à 82% de sa fréquentation, Nantes 80%, 76% pour Toulouse, ou encore Lille qui bondit de 70% par rapport à l'an dernier. La direction générale de l'aviation civile confirme que le trafic aérien commercial grimpe de mois en mois.

En octobre, il atteignait 89% de celui d'octobre 2019. Selon l'Union des aéroports français, le trafic intérieur dépasse les 90% du niveau d'avant le Covid pour le troisième trimestre de cette année. Les liaisons Outre-mer sont même totalement guéries du Covid sur cette même période, avec un trafic de 8% supérieur à 2019. En revanche les liaisons radiales, celles qui ne passent pas par Paris, sont à la traîne.

L'inflation et les prix du kérosène ne constituent pas des freins ?

Les responsables des aéroports estiment que la reprise serait en effet plus rapide sans l'augmentation du prix du kérosène qui se répercute sur les billets d'avions. Et les effets de la hausse générale des prix risquent de se faire sentir l'année prochaine sur les réservations, notamment les choix de vacances.

Mais il faut noter que cette reprise rapide est en partie portée par le développement des compagnies low cost. C'est le cas pour Lille par exemple qui est devenue une base de la compagnie espagnole Volotea. C'est ce qu'on peut voir à Beauvais, base Ryanair la plus proche de la capitale. La compagnie irlandaise y crée de nouvelles lignes et elle vient d'y être rejointe par sa concurrente Easyjet. Les billets d'avions à bas prix attirent toujours les passagers.

Le ciel n'est pas pour autant dégagé pour les aéroports français ?

Non, comme dans le magnifique Vol de nuit d'Antoine de Saint-Exupéry, un ciel en apparence serein peut cacher de lourds nuages. Outre les incertitudes économiques, les responsables d'aéroports craignent le train. La loi Climat et résilience d'août 2021 interdit les vols intérieurs quand il y a une desserte ferroviaire de moins de 2h30. Le décret d'application n'est pas encore tombé mais le secteur l'anticipe.

Et l'on revient sur notre aéroport de Brest où Transavia, filiale d'Air France, a stoppé sa liaison avec Paris. Même scénario à Bordeaux, où la ligne faisait pourtant le plein. L'union des aéroports français a déposé un recours devant la justice européenne pendant qu'à Brest, la chambre de commerce tente de trouver de l'argent pour affréter de petits avions pour rétablir une liaison aérienne avec Paris.

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