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Le décryptage éco. La France à la traîne de l'innovation

La France est 11e seulement dans le classement Bloomberg des pays les plus innovants au monde, largement distancée par la grande gagnante, la Corée du Sud.

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Scientifique français dans un laboratoire de recherche à Sophia Antipolis
Scientifique français dans un laboratoire de recherche à Sophia Antipolis (YANN COATSALIOU / AFP)

Le classement de Bloomberg des pays les plus innovants du monde s’appuie sur sept paramètres : les dépenses en matière d’innovation, le nombre de découvertes scientifiques, les recherches menées, le nombre de chercheurs et d’entreprises de haute-technologie ainsi que le nombre de brevets déposés. And the winner is : la Corée du Sud, qui est bonne première, suivie de la Suède, l’Allemagne, la Suisse et la Finlande. Israël est même passé devant la France qui perd une place par rapport à l’an dernier.

Cette onzième place de la France est presque paradoxale. D’autres études montrent que nous avons une capacité à innover, mais aussi que le pays ne sort guère de sa zone de confort en se cantonnant aux secteurs des télécoms, de l’énergie et de l’aéronautique. Pire encore, à Davos, au Forum économique mondial  qui se tient actuellement en Suisse, dans ce domaine de l’innovation,  la France n’est classée que 20e bien loin de l’Allemagne, 4e et des USA, 6e.La cinquième économie mondiale a donc écrit en gros et en rouge, en marge de sa copie : peut beaucoup mieux faire.

La faute de la désindustrialisation

Le déclin de l’industrie et le manque d’investissement explique ce mauvais score.Il y a 25 ans, au début des années 90, un cinquième des salariés travaillaient dans l’industrie, aujourd’hui ils ne sont plus que 12%. Un glissement progressif des emplois vers les services s’est opéré. Et ce secteur demande beaucoup moins de valeur ajoutée et d’innovation.

Ce qui a changé le paysage français, ce sont aussi la course aux gains de compétitivité, les délocalisations, la mondialisation et une concurrence mondiale acharnée, mais aussi le comportement des Français eux-mêmes : pour faire court, s’ils aiment aller en week-end en France ou chez leur coiffeur ou l'esthéticienne du coin de la rue, ils se soucient encore assez peu d’acheter des produits français.

Du coup, les importations se sont petit à petit substituées au Made in France. Ça n’est pas Arnaud Montebourg mais une étude de l’Insee qui l’a constaté. Du coup, moins d’industrie, moins d’investissement dans la recherche et le développement. Si l’on compare à Allemagne, cette nation ô combien industrielle, dépense près de 3% de son PIB dans la recherche-développement contre un peu plus de 2% en France.

D'autres pays ont leur solution

La Finlande est 5e, ce petit et jeune pays européen consacre 3, 4% de son PIB à la recherche et développement, il est très bien positionné en matière de télécommunications, d’électronique et de technologie de la communication, les TIC, tout cela représente un tiers de ses revenus. La Finlande mise aussi beaucoup sur l’éducation et la formation d’ingénieurs, c’est également un pays hyper connecté.

D’une manière générale, en matière d’innovation, les pays du Nord tiennent le haut du pavé. Autre atout de ces pays du Nord, ils savent attirer les talents au niveau mondial là où la France est à la peine. Dans un autre classement, celui de l’Insead, l’école internationale des managers de Fontainebleau, on retrouve ces pays du Nord dans le top 10.

C’est le cas de la Finlande et de la Suède. La France n’est que 25e sur 118. Cinquième puissance économique mondiale mais absente du haut de tableau dans tous ces classements économiques, la France a toujours du mal à regarder vers l’avenir tandis que les émergeants jouent de plus en plus la concurrence, l’Inde par exemple qui s’est jetée à fond dans les hautes technologies, dans un contexte où la mondialisation est loin d'être terminée. 

Scientifique français dans un laboratoire de recherche à Sophia Antipolis
Scientifique français dans un laboratoire de recherche à Sophia Antipolis (YANN COATSALIOU / AFP)