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Le décryptage éco. Grèves en Allemagne : la fonction publique réclame 6% d’augmentation

Des grèves sont prévues ce mardi en Allemagne, pour obtenir une hausse de 6% des salaires des fonctionnaires. Des négociations sont prévues la semaine prochaine.

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Manifestation pour obtenir 6% d\'augmentation salariale à Munich (Allemagne), le 22 mars 2018.
Manifestation pour obtenir 6% d'augmentation salariale à Munich (Allemagne), le 22 mars 2018. (LINO MIRGELER / DPA)

Il n’y a pas qu’en France qu’il y a des grèves, en Allemagne aussi. Plusieurs syndicats de la fonction publique appellent ce mardi 10 avril à des "grèves", des grèves dites "d'avertissement", c’est à dire des débrayages coordonnés de quelques heures.

En Allemagne, c’est un procédé courant avant des grèves dures, qui ne sont pas exclues ce milieu de semaine. Plusieurs secteurs sont touchés : les transports en commun, les crèches, le ramassage des ordures, les hôpitaux dans plusieurs villes et régions, comme Berlin, la Bavière et la Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Ces débrayages vont aussi affecter le transport aérien. Ce mardi, le trafic est perturbé dans les aéroports de Francfort, de Munich, Cologne et Brême. Ce qui contraint la compagnie Lufthansa à annuler plus de 800 vols, soit un avion sur deux, ça va concerner 90 000 passagers.

Des revendications salariales 

En France, les fonctionnaires se mobilisent pour que le gouvernement dégèle le point d’indice. En Allemagne, les syndicats demandent 6% d’augmentation. Ca représenterait plus de 200 euros mensuels pour les deux millions de fonctionnaires. Par comparaison, en France, il y a plus de cinq millions d’agents publics.

Est-ce que les syndicats allemands peuvent l’emporter ?

Ils ont promis, en tout cas, de mettre la pression sur le gouvernement avant des négociations importantes les 15 et 16 avril prochains. Ils estiment qu’étant donné les bons résultats économiques du pays, le gouvernement doit "partager la croissance" et en finir avec l’ère de la modération salariale. Le budget allemand atteint plus 38 milliards et demi d’euros – en comparaison, on a 68 milliards d’euros de déficit – et si on regarde l’excédent commercial allemand, il a atteint 245 milliards d’euros alors que nous, on est à 62 milliards d’euros de déficit ! En Allemagne, il y a des travailleurs pauvres mais 5% de chômage seulement, du jamais vu depuis la réunification allemande.

Le gouvernement en position délicate

Sa position est difficile, mais le ministère de l'Intérieur, qui négocie au nom de l'Etat, ne veut pas céder. Il estime que la revendication de 6% est trop élevée et impossible à réaliser.
 C’est un peu le même débat qu’en France : les dirigeants jugent que, même si les conditions économiques sont bonnes, l'Etat fédéral et les communes doivent en profiter pour réduire leur endettement.

Le bras de fer s’annonce particulièrement tendu ces prochains jours, car les fonctionnaires allemands gardent en tête ce qui s’est passé dans l’industrie. Le syndicat IG Metall a ouvert la voie, en gagnant la partie contre le patronat allemand, après des grèves. Les quatre millions de travailleurs de la métallurgie ont obtenu une hausse de salaire de 4%. Certains employés peuvent aussi réduire leur semaine de travail, en passant de 35 à 28 heures.

Manifestation pour obtenir 6% d\'augmentation salariale à Munich (Allemagne), le 22 mars 2018.
Manifestation pour obtenir 6% d'augmentation salariale à Munich (Allemagne), le 22 mars 2018. (LINO MIRGELER / DPA)