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De la glace sèche pour transporter les vaccins contre le Covid-19

Distribuer un vaccin comme celui de Pfizer est un défi logistique, parce qu’il doit être conservé entre -60° et -80 degrés. Pour cela, il y a les "super-congélateurs" mais le laboratoire compte aussi utiliser de la glace sèche.  

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Une production de glace sèche, le 16 novembre 2020.
Une production de glace sèche, le 16 novembre 2020. (DIRK WAEM / MAXPPP)

La glace sèche, aussi appelée glace carbonique, est un bloc de glace qui ne devient pas liquide quand il fond. C'est très pratique puisque cela évite de mouiller les boîtes que l’on veut mettre au frais. Cette glace est formée à partir de dioxyde de carbone (CO2). Quand elle se réchauffe, elle passe directement de l’état solide à l’état gazeux. On dit qu’elle se sublime. La glace sèche est souvent utilisée dans les spectacles, les concerts, les boîtes de nuit pour donner un effet de brouillard dans la pièce. Il s’agit de glace sèche en train de se réchauffer. Elle condense l’humidité de l’air ce qui donne ce petit nuage et elle refroidit la pièce.

Cette glace est fabriquée à partir de CO2, récupéré sous sa forme gazeuse dans les fumées à la sortie d’usines comme celles qui fabriquent de l’ammoniac pour les engrais, ou alors à partir de raffineries de bioéthanol. On lave ces fumées et on récupère du CO2 pur. Il est liquéfié pour pouvoir le transporter par camion jusqu’à des unités de fabrication de glace sèche.

Le dioxyde de carbone passe ensuite par des machines comme des tambours de machine à laver pour être décomprimé rapidement. Il se transforme alors en bloc très froid jusqu’à -80 degrés sous l’effet Joule-Thomson. La glace sèche est enfin découpée sous différentes formes : de petits bâtonnets comme des stylos ou alors des pins de plusieurs kilos. Il suffit de la mettre dans le conteneur, comme dans une glacière.     

Cette glace sera donc utile pour transporter et stocker les vaccins contre le Covid-19, puisqu'elle pourra durer une dizaine de jours. C’est pour ça que Pfizer compte sur des unités de glace sèche à côté de ses usines de production de vaccins notamment en Belgique. La société pharmaceutique a aussi contacté une PME américaine de Baltimore pour lui fournir les bâtonnets de glace sèche nécessaires à la distribution de son vaccin aux États-Unis. En France, il y a une trentaine de points de production, comme l’entreprise Cryo'ice à Metz qui fabriquent ces petits glaçons secs déjà pour des transporteurs de produits froids ou de médicaments.

Cela fait trois mois que ces producteurs se préparent à fournir les éventuels besoins en glace sèche des hôpitaux, des centres de vaccination, des pharmacies également pour qu’elles stockent le plus longtemps possible ces vaccins même si elles ne sont pas équipées de "super-congélateurs". Une logistique qui peut s’avérer nécessaire quand les vaccins seront destinés au grand public. De plus, le vaccin de Pfizer n'est pas injecté à -70 degrés au patient, il est décongelé avant l’injection et peut se maintenir cinq jours dans un réfrigérateur.    

Une production de glace sèche, le 16 novembre 2020.
Une production de glace sèche, le 16 novembre 2020. (DIRK WAEM / MAXPPP)