Biodiversité : les algues géantes sous-marines nous rendent des services insoupçonnés

Une équipe de chercheurs australiens vient de calculer la richesse que les algues sous-marines produisent chaque année : c’est encore plus que ce que l’on pensait jusqu’ici !
Article rédigé par Anne Le Gall
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
  (HOUET  MICHEL / MAXPPP)

Quand on parle de forêt d'algues, on évoque ces champs de varech (ou kelp en anglais), des algues brunes qu’on retrouve sur un tiers des littoraux du monde. Ces forêts de varech peuvent atteindre 20 à 30 mètres de hauteur, et jouent un rôle écologique très important. Une équipe de l'université australienne de nouvelles Galles du Sud a calculé que les forêts d’algues du monde produisent l’équivalent de 500 milliards de dollars de richesses par an. C’est plus que le budget des retraites en France. C'est une richesse fournie trois fois plus importante que ce que l’on pensait jusqu’ici.

Ces 500 milliards de dollars correspondent au prix des services qu’elles nous rendent. Par exemple, en fournissant des nutriments aux poissons et aux crustacés, elles assurent des ressources importantes pour la pêche. Elle sont aussi les principales zones d'habitat d’au moins 1 000 espèces sous marines. Ces forêts d'algues sous-marines absorbent également près de cinq mégatonnes de CO2, ce qui les place au même niveau que les forêts terrestres. Elles nous aident à éliminer des tonnes d’azote excédentaire qui se déversent dans les océans via les eaux usées ou les ruissellement  d’origine agricoles.

Menacées par le réchauffement climatique

En fait, ça ne règle rien en termes de biodiversité. Mais ici, les chercheurs australiens veulent avant tout alerter et attirer l’attention sur ces forêts d’algues, car elles sont menacées par le réchauffement climatique. Leur surface se réduit depuis 50 ans, et ces scientifiques estiment qu’on n'en parle pas assez. On évoque beaucoup plus souvent de l’importance de protéger les coraux ou les forêts terrestres, et pourtant ces forêts d’algues jouent un rôle tout aussi important.

Les scientifiques en appellent donc au gouvernement du monde pour les préserver. Certains ont même lancé le Kelp forest challenge, (le défi pour replanter les forêts de varech) car ces chercheurs ont calculé qu’il faudrait planter un million d’hectares de forêt de varech d’ici 2040, si l’on veut préserver les écosystèmes océaniques.

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