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Présentation du Tour 2023 : qui est Thierry Gouvenou, l’homme qui trace le parcours ?

L’intrus de l’actu donne chaque soir un coup de projecteur sur une personnalité qui aurait pu passer sous les radars de l’actualité.

Article rédigé par France Info
Radio France
Publié Mis à jour
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Thierry Gouvenou lors d'une reconnaissance de Paris-Roubaix, le 28 septembre 2021. (DOMINIQUE TOUCHART / MAXPPP)

C'est l’homme qui pilote l’équipe de onze personnes chez ASO pour dessiner le parcours des Tours de France homme et femme. Et pour faire ça, il faut forcément quelqu’un qui connait le vélo et les routes de France. Autrement dit : un ancien coureur cycliste ! 12 années de carrière de 1990 à 2022.

Thierry Gouvenou se met au vélo à 7/8 ans dans le Calvados au moment où ses parents ouvrent un magasin de cycles que fréquente Michel Drucker à l'époque. Il le connait bien. Assez vite Thierry Gouvenou lève les bras, comme on dit. Souvent ! Il gagne même Paris-Roubaix chez les amateurs en 1990 et dans la foulée se fait embaucher par la meilleure équipe professionnelle du monde, l’équipe Z avec Greg Lemond, vainqueur du Tour cette année-là. Il a alors 22 ans.

Les coureurs de l'équipe, comme Éric Boyer joint par franceinfo, se disent : "oh là là le garçon qui gagne tous les dimanches, il va la ramener." C’est tout l’inverse ! Thierry Gouvenou qui a compris qu'il ne serait pas un leader se glisse dans les habits de l'équipier. Il ne gagne plus de courses lui-même mais aujourd’hui encore, cela lui donne toute crédibilité quand il dessine le Tour de France.

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Directeur technique des épreuves d'Amaury Sport Organisation (ASO), aucun coureur avant lui n’était arrivé à ce niveau de responsabilité. Il le doit à son caractère très posé - son surnom de coureur c’était nounours. Un vrai gentil. Il le doit également au fait que, avant sa carrière, il a eu le bac, a même tenté un IUT. Quand il raccroche en 2002 son réflexe c'est de se former pour être responsable de magasin de sport. Donc tout ce bagage-là lui sert évidemment aujourd'hui, même si fondamentalement, il n'était pas fait pour autre chose que dessiner des Tours de France. "Je ne supportais pas d’être tous les jours au même endroit ou de mettre mon blouson tous les jours dans le même vestiaire, à la même heure, note Thierry Gouvenou. Le fait d’être enfermé ou de ne plus avoir de déplacements, ça je n’y arrivais pas du tout."

"Lorsque je pars en vacances et que je roule sur une route secondaire, je m’imagine toujours voir passer le Tour de France quelque part. Je suis toujours en train d’imaginer ce qui pourrait se passer avec le Tour de France."

Thierry Gouvenou

à franceinfo

C'est ce qui s'appelle avoir ça dans le sang. Concrètement comment s’y prend-on pour dessiner un Tour de France ? L'ossature générale vient du patron Christian Prudhomme, qui est une mémoire encyclopédique du Tour et qui a en permanence, trois Tours d'avance en tête. Il connait les dates qu’il souhaite honorer. Cette fois-ci, ce sont les 60 ans du duel Anquetil/Poulidor au Puy de Dôme - et donc la ville de Saint-Léonard de Noblat en hommage à Poupou. L'histoire du vélo compte autant que l'histoire de France : au moment des commémorations de 14/18, le tour passe souvent sur les zones de front.
Une fois que les villes départ et arrivée sont fixées, Thierry Gouvenou prend sa carte de France, ses souvenirs et il dessine le tracé d'une ville à l'autre. Avec toute une série de contraintes : pas plus de 260km par étape, pas plus de 3500 km en tout. S’il a un doute, il se déplace, sillonne le coin en tenant compte également du peloton du moment. Ce qui explique qu'ils attendent chaque été la fin du Tour pour s’y mettre.

Des discussions avec les villes étapes

"On a bien aimé le duel Pogacar- Vingegaard, analyse Thierry Gouvenou. Si on peut retrouver plusieurs fois ce genre de duel en montagne, on ne va pas se gêner. On s’est rendu compte que parfois des étapes un peu plus concentrées avec des pourcentages plus durs, faisaient de plus belles étapes. Le cyclisme est comme ça en ce moment. On a des contraintes logistiques aussi. Installer une ligne d’arrivée dans une ville, ce n’est pas si simple. Par chez-moi à Cherbourg, j’ai été obligé de me battre avec la mairie pour leur faire admettre qu’il fallait arriver sur les auteurs de Cherbourg et pas dans le bas. On n’était plus sur leur territoire mais c’était toujours Cherbourg qui apparaissait dans le titre de l’étape et au sommet à l’arrivée on a un Sagan devant Alaphilippe et Valverde. Avec ce résultat, il n’y avait plus de discussions ! Et même chose l'an dernier à Landernau, où Julian Alaphilippe s'impose juste à l’extérieur de la ville avec le maillot de champion du monde.

Le tour masculin 2023 partira de Bilbao, en Espagne. D'autres villes ou territoires beaucoup plus lointains en rêvent. La Guadeloupe, New york, ou par le passé Doha sont ou ont été candidates. La fatigue des coureurs liée aux longs transferts, ajoutée aux questions de températures comme pour Doha et aux préoccupations climatiques en général font que "tout cela ne risque plus d'arriver" d’après Thierry Gouvenou. Des villes sont candidates en Europe de l’Est mais on n’en saura pas plus.

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