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Hollande s'attaque au big-bang institutionnel

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En évoquant un report à 2016 des élections régionales et cantonales, François Hollande relance l'improbable réforme territoriale.
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Radio France
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C'est la patate chaude de la
Vème République, tout le monde en convient : il y a sans doute des
milliards d'économies à réaliser en supprimant des couches du millefeuille. Chacun
a sa petite idée sur la question, mais personne n'est d'accord. Certains y ont
laissé des plumes. A commencer par le Général de Gaulle, qui a dû mettre la
clef sous la porte après son référendum perdu du 27 avril 1969 sur la
régionalisation et sur la fusion du Sénat et du Conseil économique et social.
Le non l'a poussé à la démission. Cette première tentative de simplification administrative
remonte 45 ans en arrière ! Nous étions encore sous les Trente glorieuses.

Il y a eu d'autres tentatives depuis...

Le référendum du 6 juillet
2003 sur la fusion des deux départements corses, perdu par Nicolas Sarkozy
ministre de l'intérieur. La collectivité unique était la bonne idée, qui allait
dans le sens de l'Histoire. Elle s'est brisée sur des considérations de basse
politique. Le même Nicolas Sarkozy, devenu président, avait promis un " big-bang
territorial ", mais n'a su imposer que la réforme du conseiller territorial,
siégeant à la fois au conseil régional et au conseil général. Que François
Hollande à peine élu s'est empressé d'annuler, pour nous annoncer hier la suppression
des départements. C'est à ne plus rien y comprendre.

François Hollande a tort de s'y attaquer ?

Non, il a raison ! Le
chef de l'Etat veut aller vite, et Manuel Valls sera à la manœuvre. Mais gare
au casse-tête institutionnel. Prenez les régions : François Hollande en
veut onze ou douze, pas plus. Mais il n'y a pour l'heure aucune fusion en vue.
Ensuite les départements qu'il veut supprimer : il faudra sans doute en
passer par une réforme de la Constitution, avec une majorité des trois
cinquièmes en Congrès. En se tirant une balle dans le pied : la quasi-totalité
des régions et la majorité des départements sont aux mains de grands élus de
gauche déjà vent debout.

La droite crie au tripatouillage et au coup politique.

L'opposition accuse le
président de vouloir repousser les élections locales pour s'éviter une nouvelle
défaite. Argument fallacieux : une raclée régionale en 2016 à un an de la
présidentielle serait le scénario du pire pour le président sortant. De plus,
de nombreux libéraux et centristes réclament depuis des années un grand soir
administratif, il faut savoir ce que l'on veut. "On verra qui sont les réformateurs
qui sont les conservateurs ", a prévenu François Hollande. Encore
faudrait-il nous expliquer combien pourrait rapporter la suppression des
départements et combien d'emplois seraient menacés ?Ce big-bang institutionnel
est inéluctable, mais les Français seront-ils consultés ? Il faut être
populaire pour mener à bien une telle réforme par la voie référendaire. Le
Général de Gaulle en son temps, en a fait les frais.

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